Réflexions du fauteuil: l'abolition de la monarchie vs l'indépendance du Québec

02 07 2009

Il n'y a pas que les Québécois qui souhaitent des changements d'ordre constitutionnel, une majorité de Canadiens aussi.

Un sondage de la firme Strategic Counsel révèle que 65 % des Canadiens souhaitent l'abolition de la monarchie après le décès d'Elizabeth II. Au Québec, c'est 86 % et en Ontario, la province la plus monarchiste, c'est 56 %. Voilà les chiffres qu'il faudrait avoir pour que le Québec change aussi radicalement de statut constitutionnel et devienne souverain.

Yvon Deschamps l'a déclaré à la fin de l'année dernière, un appui de moins de 60 % à la souveraineté n'est pas souhaitable. Pour compenser le contrepoids du Canada dans les négociations éventuelles et obtenir un solide appui de la communauté internationale, il faut que le vote pour l'indépendance soit largement majoritaire. 50 % plus un est loin d'être suffisant quoiqu'en pensent les souverainistes. C'est un bon calcul mathématique, mais un très mauvais calcul politique dont seuls les rêveurs peuvent se satisfaire.

Le même sondage  révèle que 78 % des Québécois estiment que le Canada est le meilleur pays du monde et que 61 % sont convaincus que le Québec ne se séparera jamais du Canada. Ces chiffres confirment ce que j'appréhendais depuis  le référendum de 1980 et ce que je crois depuis celui de 1995.

 Le Québec ne deviendra jamais un pays indépendant dans un avenir prévisible. Arrêtons de jouer les Don Quichottes et de perdre notre temps et nos énergies dans un combat perdu d'avance et battons-nous plutôt pour  conserver et augmenter notre position sur l'échiquier canadien à l'intérieur des institutions et des partis qui nous permettent d'accéder au pouvoir à Ottawa. Au Québec, c'est déjà fait, peu importe la couleur du parti.




Réflexions du fauteuil: au revoir M. Fauteux

01 07 2009

J'ai eu la chance de côtoyer Jacques Fauteux, cet ancien annonceur et animateur de Radio-Canada décédé hier.

Fauteux était un homme exquis, drôle, très ouvert aux autres, un vrai gentleman. À l'époque d'Appelez-moi Lise, en 1972,  je travaillais à temps partiel comme guide. Nous étions 2 ou 3 à accueillir et accompagner le public qui assistait à l'enregistrement en studio. Il était aussi gentil avec nous et le gardien de sécurité qu'avec n'importe quel autre membre plus important de l'équipe.

Pendant l'enregistrement de l'émission, je me tenais souvent debout dans le prolongement du décor près du bureau de Lise Payette pour faire applaudir le public. À l'époque, il n'était pas interdit de fumer en onde et Fauteux ne s'en privait pas. Un jour, quelques secondes avant le début de l'émission, il se penche vers l'animatrice, et ouvre son paquet de cigarettes avec un air coquin. Il y avait un joint parmi les cigarettes! Je le trouvais pas mal cool pour son âge.

Après sa retraite de Radio-Canada, je l'ai croisé quelques fois et il était toujours aussi content de me voir comme si nous avions travaillé étroitement pendant des années, ce qui n'était pas vraiment le cas. Son départ me touche beaucoup.




Réflexions du fauteuil: Bonne fête Canada!

30 06 2009

En cette fête du Canada, je souhaite que nous nous assumions et que nous tirions les conséquences de nos gestes et de nos décisions.

Si 40 % des Québécois sont souverainistes, ça veut dire qu'il y a 60 % de fédéralistes. Mais, qu'on le veuille ou non, actuellement, 100 % des Québécois sont canadiens et même les 40 % d'indépendantistes en tirent profit. Il est temps de le reconnaître. Les députés du Bloc québécois qui gagnent leur vie en siégeant au parlement canadien et qui en seront aussi un jour des retraités pour la vie devraient être les premiers à le faire.

L'appui à la souveraineté stagne depuis 30 ans tout simplement parce que les souverainistes sont incapables de faire la démonstration que nous serions mieux dans un Québec indépendant.  Sous plusieurs aspects, notre appartenance à la fédération canadienne est avantageuse. Économiquement, nous bénéficions de la santé financière du pays tout entier et nous recevons souvent plus que notre part en considération de notre poids démographique. Mais il n'y a pas que l'argent qui compte dans nos vies de citoyens et celle de notre nation.

Il n'y a aussi notre survie comme seul peuple francophone en Amérique. Sommes-nous en danger de disparaître un jour si nous restons membres de la Confédération canadienne? La majorité des Québécois pensent que non et c'est leur décision, pas celle des maudits anglais qui ne sont qu'une petite minorité méprisable qui ne devrait pas nous empêcher d'apprécier la majorité qui compose un des peuples les plus appréciés de la terre.

Le Canada est un grand pays. Cela personne ne peut le nier. Ce n'est pas parce que notre premier amour est pour le Québec qu'il faut garder nos distances avec le pays que nous avons quand même choisi deux fois en 1980 et 1995. Assumons-nous merde!

Vive le Canada.

Venez lire Les petites vites sur Twitter.




Réflexions du fauteuil: la petite revue de la semaine du 21 juin 2009

27 06 2009

 

La mort de Michael Jackson sonne la fin définitive du monde analogique. Son disque Thriller restera à jamais le disque le plus vendu de tous les temps, car les prochains records de vente seront battus par des téléchargements numériques. C'est un site Internet, TMZ, qui a annoncé sa mort en exclusivité  avant tous les médias traditionnels.  Vous voulez revoir les grands moments de sa carrière? Ne regardez pas la télévision, allez consulter You Tube. La prochaine vedette qui voudra se refaire un nouveau visage n'aura pas besoin de subir des dizaines de chirurgies. Elle n'aura qu'à disparaître physiquement pour se réincarner en personnage virtuel que même ses fans pourront modifier à leur goût. Si c'est ce que Jackson avait fait, le résultat aurait sans doute été moins désastreux que celui auquel sont arrivé ses chirurgiens (in) esthétiques.

Dans la même ligne de pensée, je lis présentement la monumentale biographie d'Elvis Presley écrite par Peter Guralnick publiée chez Le Castor Astral. À chaque fois qu'il est question des chansons qu'il a enregistrées  au tout début de sa carrière au milieu des années 50,  je peux consulter sur Internet des clips audio et vidéo de certains de ses premiers enregistrements, spectacles et apparitions à la télévision. Je n'aurais pas une aussi bonne compréhension du personnage, du phénomène qu'il a été et de la construction du mythe si je devais me contenter du livre. Le voir et l'entendre me permet de mieux saisir en quoi il a révolutionné la musique de son époque et la présentation sur scène des chanteurs à succès. Avec Internet, le livre devient la matière première d'un spectacle multimédia dont  je suis le réalisateur. Je ne pourrai plus jamais lire une biographie comme avant.

François Legault quitte le navire péquiste avant qu'il ne s'échoue sur l'île déserte où le mènera sa dernière stratégie autonomiste dite de la souveraineté à la pièce. Il était le meilleur atout du PQ à l'Assemblée nationale et le seul à avoir une indiscutable crédibilité en matière économique. Il en avait assez des banquettes de l'opposition. Trois ans c'est long comme vont le réaliser ses anciens collègues. Les péquistes sont tellement agressifs envers le gouvernement libéral et Jean Charest en particulier que j'ai bien peur qu'ils se présentent aux prochaines élections épuisés et à court d'arguments. D'ailleurs, si sa popularité ne remonte pas bientôt, je crains que Pauline Marois coule et se noie avant son parti. C'est peut-être ce qui pourrait lui arriver de meilleur d'ici 2012, au parti, pas à Pauline Marois.

Pauline Marois se demande pourquoi elle n'est pas plus populaire:

Les PPP sont morts et enterrés. C'est du moins ce qu'a déclaré le premier ministre. Il était temps. Tous les grands projets qui devaient se réaliser en partenariat public-privé étaient plus ou moins paralysés comme c'est le cas de la construction des hôpitaux universitaires et de l'échangeur Turcot. Les discussions sur le mode de construction et de gestion étaient devenues plus importantes que les projets eux-mêmes. Il est temps de revenir à la base et de se concentrer sur la création des meilleurs équipements  possibles au bénéfice de la population et de la société. Les grandes installations publiques ne doivent pas servir à enrichir quelques entrepreneurs privés.

L'industrie touristique mondiale est profondément perturbée par la crise économique et la peur du virus A H1N1. C'est dommage pour tous ceux qui en vivent. Alors si vous voulez les encourager et que vous n'êtes pas peureux, surveillez les aubaines. Ça ne devrait pas coûter très cher de voyager n'importe où cet automne ou d'aller se faire dorer la couenne dans le sud l'hiver prochain.




Réflexions du fauteuil: Adieu Michael

26 06 2009




Réflexions du fauteuil: la faillite de la stratégie péquiste

23 06 2009

Rien ne va plus pour le PQ et Pauline Marois. La perte des deux élections partielles d'hier confirme la chute de popularité de l'option souverainiste.

Les mauvaises nouvelles s'enchaînent pour le Parti québécois. La semaine dernière un sondage CROP-La Presse révélait une baisse sensible de la popularité du PQ et surtout de sa chef Pauline Marois depuis le mois de mars. Et hier, contre toute attente, le Parti libéral a remporté les deux élections partielles que le PQ aurait dû gagner comme le veut la tradition qui est favorable aux partis d'opposition entre deux élections générales.

Je crois que la population en a assez des stratégies toutes plus créatives les unes que les autres que le PQ sort de son chapeau à chaque fois qu'il se retrouve dans l'opposition pour essayer de raviver la flamme de la souveraineté et sa propre popularité par la même occasion. À chaque élection, l'indépendance change de visage et d'allure pour se mouler à l'air du temps et aux goûts changeants de l'électorat. On ne sait plus si le PQ est indépendantiste, souverainiste, autonomiste, électoraliste ou opportuniste. Chose certaine, si j'étais péquiste, je serais défaitiste.

Les choses ne vont pas s'arranger aux prochaines élections fédérales qui devraient avoir lieu au plus tard l'hiver prochain sinon dès cet automne. On peut prédire sans se tromper que le Bloc québécois va perdre des plumes au profit du Parti libéral renouvelé par Michael Ignatieff.

Le PQ a trois ans pour revenir à la source, lâcher les stratégies foireuses et se trouver un autre chef qui saura incarner ses valeurs de bases. Le PQ doit redevenir le parti qui incarne l'indépendance pure et simple du Québec. Il sera peut-être un peu moins populaire, mais il sera vrai. Ce sera ensuite aux électeurs de faire leur choix.




Réflexions du fauteuil: la souveraineté à la carte

22 06 2009

Québec solidaire a tenu son 4e congrès à Sherbrooke cette fin de semaine. Il en a profité pour réaffirmer son appui à la souveraineté et pour la définir.

La souveraineté est en train de prendre plusieurs visages selon le parti qui en fait la promotion. Pour Québec Solidaire, un Québec souverain devrait être porteur des rêve et de l'idéologie de la gauche, promouvoir la justice sociale, le féminisme et l'écologie. Pour le Parti québécois, un Québec indépendant devrait être social-démocrate et cela devrait être inclus dans sa constitution. Le Parti indépendantiste est le plus radical. Il souhaite déclarer unilatéralement l'indépendance dès son accession au pouvoir et nationaliser les ressources naturelles comme l'eau et les leviers économiques comme la voie maritime du Saint-Laurent et l'industrie éolienne.

La souveraineté est un objectif très difficile à réaliser comme l'ont démontré les résultats des deux référendums. S'il faut en plus demander aux citoyens de choisir en même temps un projet de société sur l'axe gauche-droite et d'appuyer des politiques qui auront un impact important sur l'économie du futur pays, on n'est pas sorti du bois. Avec autant de grelots attachés au projet de pays, le Québec n'a aucune chance de devenir indépendant un jour. On peut être indépendantiste et de droite comme on peut être fédéraliste et de gauche. Après la souveraineté, il y aura encore un parti libéral de centre droit, une ADQ ou une autre formation encore plus à droite et d'autres socialistes, écologistes, etc.

Je pense que les partis souverainistes font une erreur en liant la souveraineté à des projets de société qui ne conviennent pas nécessairement à tous ceux qui l'appuient. Qu'ils se concentrent sur la réalisation de l'indépendance et qu'ils laissent les citoyens décider après quelle sorte de société ils veulent lors de la rédaction de la constitution et des premières élections d'un Québec libre. C'est aussi ça la liberté.




Réflexions du fauteuil : la petite revue de la semaine du 14 juin 2009

20 06 2009

Dernière heure: la famille Molson aurait conclu une entente pour acheter le Canadien de Montréal. J'ai toujours pensé que si les frères Molson voulaient acheter l'équipe, c'était pour battre les frères Kostitsyn sur leur propre terrain, la bière. La suite dans les prochaines heures.

 

Guy Laliberté en train de laver son argent dans la laveuse spatiale

La Presse Canadienne nous apprend que juste avant d'aller chercher son étoile dans le ciel, Guy Laliberté va en avoir une sur le Hollywood Walk of Fame à Los Angeles. Il fait parti du club sélect des 2,000 personnes qui ont marqué le showbiz aux États-Unis. C'est la preuve que le Cirque du Soleil a révolutionné le spectacle de scène depuis qu'il s'est installé à Las Vegas. 28 autres vedettes seront intronisées en même temps dont Russell Crow, James « Titanic » Cameron, Ringo Starr et Bryan Adams.

La France songe à interdire la burqa. Elle a déjà proscrit le port du voile islamique dans les écoles, alors je pense qu'il serait logique d'interdire ce vêtement qui est une prison pour les femmes qui le portent. Il m'est arrivé d'en croiser ici et à chaque fois je me suis dit que c'est non seulement dégradant, mais que dans nos sociétés démocratiques et laïques, tous les citoyens ont le droit et le devoir de se montrer à visage découvert dans la vie civile. La burqa devrait être illégale. Les couples d'immigrants dont la femme le porte devraient être déportés. S'ils sont déjà citoyens canadiens, l'homme et la femme devraient être traduits en justice et faire face à des accusations pouvant mener à la prison en cas de récidive. Il y a des limites à ne pas respecter les citoyens et les us et coutumes du pays d'accueil et nous devons nous opposer avec force au port de la burqa.

Pauline Marois ne parviens pas à s'imposer comme alternative à Jean Charest. C'est ce que révèle un sondage CROP-La Presse qui a été effectué entre le 11 et le 18 juin après l'annonce de la nouvelle stratégie du PQ dite de l'indépendance à la pièce. La cote du Parti québécois baisse tranquillement pas vite depuis le mois de mars. Ce qui est encore plus inquiétant pour Marois, c'est que son parti est beaucoup plus populaire qu'elle et ça c'est une première dans l'histoire du parti. Pour ma part, je n'aime pas son ton de professeur du secondaire expliquant à ses cancres d'étudiants les évidences de la souveraineté ni son petit air de supériorité comme si elle avait toujours eu des "A" dans ses bulletins contrairement aux crétins qui ne pensent pas comme elle.

La tension est à son comble en Iran après la réélection douteuse du président Mahmoud Ahmadinejad. Peu importe la vérité, la crise qui s'annonce grave et durable ne fera rien pour stabiliser la région et trouver une issue acceptable au conflit israélo-palestinien. On n'a pas fini d'en parler.

Les sessions parlementaires à Québec et Ottawa ont pris fin cette semaine pour les vacances d'été. Ça débute très bien les nôtres merci.




Réflexions du fauteuil : la Fête nationale doit être organisée par un organisme neutre

17 06 2009

La Fête nationale n'est pas la célébration inclusive qu'elle prétend être. Depuis qu'elle existe, elle est l'otage des souverainistes.

C'est en 1977 que le gouvernement de René Lévesque a créé la Fête nationale du Québec qui a remplacé la Saint-Jean-Baptiste, la fête des canadiens-français. En agissant ainsi, le Québec s'est trouvé à abandonner les francophones des autres provinces qui se sont retrouvés orphelins et coupés de leurs racines québécoises. C'était déjà, une première exclusion. L'organisation de la célébration du 24 juin a d'abord été confiée à la Société Saint-Jean-Baptiste puis en 1984 au Mouvement national des Québécoises et Québécois dont la SSJB fait partie. Ces deux organismes militent ouvertement et avec zèle pour l'indépendance du Québec.

La création de la Fête nationale par le Parti Québécois et le fait qu'elle soit placée sous la responsabilité de deux organismes voués à la souveraineté s'inscrit clairement à l'époque dans la stratégie du PQ pour mener le Québec à l'indépendance. Cela ne s'est pas produit et il apparait de plus en plus clairement que l'organisation de la Fête nationale doit être repensée.

Les événements des derniers jours où deux groupes musicaux anglophones ont failli être expulsés des célébrations locales du quartier Rosemont à Montréal sont révélateurs d'un grand malaise. Plusieurs dirigeants des mouvements souverainistes impliqués qui financent les célébrations au nom du gouvernement ont clairement fait savoir que les anglophones n'étaient pas les bienvenus sur les scènes où des centaines d'artistes se produiront les 23 et 24 juin. On ne verra jamais les plus grands artistes anglophones d'ici comme Leonard Cohen, Rufus Wainwright ou Simple Plan sur la grande scène du parc Maisonneuve. S'ils chantaient en créole, en wolof ou en sénégalais, il n'y aurait probablement pas de problème, mais en anglais, jamais. Ce n'est pas vrai que la Fête nationale est inclusive, parce que la plus importante minorité linguistique du Québec n'y est pas la bienvenue même si elle a participé comme nous à bâtir notre nation.

À tous les ans j'ai un malaise lorsque j'entends le discours souverainiste traditionnel pendant le grand spectacle télévisé parce qu'il ne s'adresse tout aux plus qu'aux 40 % de citoyens qui se disent souverainistes. Exclure ainsi 60 % de la population n'est pas très démocratique, ni inclusif.

Il est temps que l'organisation de la fête soit confiée à un organisme neutre qui en fera la célébration de tous les Québécois qu'ils soient de souche, immigrants, anglophones, allophones, souverainistes ou fédéralistes.




Réflexions du fauteuil : le Québec que je n’aime pas

15 06 2009

J'aime le Québec. C'est ma patrie, mon identité, la terre de mes ancêtres et de mes enfants. Mais il y a une partie de nous que je n'aime pas.

Je n'aime pas les intolérants. Ceux qui ont demandé aux organisateurs de L'Autre St-Jean qui aura lieu le 23 juin au parc le Pélican à Montréal de retirer les deux groupes anglophones qui devaient participer au spectacle. Les pressions sont venues de l'entourage de la Société Saint-Jean-Baptiste, plus précisément du Comité de la Fête nationale et de l'Association culturelle Louis-Hébert qui commandite le spectacle. Pour ces puristes de la race, toutes les minorités culturelles et linguistiques ont le droit de s'exprimer pendant la fête nationale, sauf la plus importante. Ils font aux anglophones ce que nous n'accepterions jamais qu'ils nous fassent. J'aimerais bien voir leur réaction s'il fallait que les francophones soient exclus des fêtes du Canada. Ils crieraient au racisme même s'ils renient  leur nationalité canadienne.

Parlant de racisme. Je n'aime pas les racistes qui se cachent parmi nous tout en proclamant leur ouverture d'esprit. Je n'aime pas ceux qui refusent de louer leurs logements à des immigrants. Ceux qui évitent de leur donner du travail. Les imbéciles qui comme le poète Claude Péloquin trouvent qu'on a assez donné dans l'immigration et qui ne se rendent pas compte que sans apport extérieur notre population va rapetisser comme une peau de chagrin et mettre notre avenir en danger. Je n'aime pas ceux qui pensent que l'indépendance ne se réalisera probablement jamais parce qu'il y a de plus en plus d'immigrants alors qu'il suffirait que la grande majorité des Québécois d'origine votent oui pour qu'elle se réalise.

Je n'aime pas les peureux qui refusent que leurs enfants apprennent l'anglais parce que ça menacerait leur langue maternelle et leur culture d'origine. Je n'aime pas le repli identitaire, le manque d'ouverture d'esprit et d'ambition qui fait de nous le peuple le moins scolarisé de l'Amérique du Nord. Je n'aime pas ceux qui pensent que nous sommes des génies parce que nous avons survécu et que nous sommes créatifs, mais qui boudent les artistes dès qu'ils ont du succès à l'étranger, surtout en anglais, s'ils ne s'appellent pas Céline Dion.

Je n'aime pas les imposteurs qui répètent à ceux qui veulent l'entendre que la question nationale n'est pas réglée et qui inventent des stratégies plus foireuses les unes que les autres pour le prouver. La question nationale est réglée puisque le peuple a dit non à deux référendums même si les questions étaient truquées. Parce que la seule question valable est : « Voulez-vous que le Québec devienne un pays indépendant du Canada? » Si la question avait été posée ainsi, les voix pour le oui n'auraient jamais dépassé 40 %. La question nationale est réglée parce que la majorité des Québécois veulent aussi être canadiens même si ce n'est pas toujours facile. Ça fait 350 ans que nous nous battons pour notre survie, ça fait parti de notre identité. Toutes les stratégies développées par le PQ dont la dernière consiste à réaliser l'indépendance morceau par morceau en braillant à la porte du gouvernement canadien sont des impostures et une perte de temps qui nous empêchent de tirer le meilleur parti de la situation actuelle. Je n'aime pas cette gang de négativistes et de mauvais perdants qui se complaisent dans l'opposition perpétuelle à Ottawa et qui rêvent de réaliser la souveraineté par la porte d'en arrière.

Moi aussi j'aimerais ça que le Québec soit un pays, mais ça n'arrivera pas. Je suis né Canadien et je mourrai canadien. Je n'ai plus envie de renier une partie de mon identité. J'ai voyagé un peu partout dans le monde avec un passeport canadien et j'en suis fier quand je réalise à quel point mon pays est perçu comme un des meilleurs endroits pour vivre sur la planète. Nous avons la chance d'avoir deux identités fortes, la Québécoise et la Canadienne. Profitons-en et tirons-en le meilleur parti possible au lieu de rêver en couleur en boudant dans notre coin de pays.

Bonne Fête nationale tout le monde.




Réflexions du fauteuil : la petite revue de la semaine du 7 juin 2009

13 06 2009

Ce que j'aime de Jacques Parizeau, que je sois d'accord ou non avec lui, c'est qu'il n'a pas la langue dans sa poche. Il n'est pas politiquement correct. Dans un discours qu'il a prononcé samedi dernier au colloque des intellectuels pour la souveraineté, il a dit ce que Pauline Marois n'a pas osé énoncer dimanche en présentant son plan pour la souveraineté, les référendums sectoriels pourraient être très utiles pour provoquer des crises politiques pouvant éventuellement mener à l'indépendance. C'est exactement ce que le PQ espère obtenir en réclamant sur tous les fronts le transfert des pouvoirs du fédéral. Les dirigeants actuels du parti n'ont pas aimé que leur ancien chef montre leur jupon qui dépasse. Pour ma part, j'ai trouvé cela très divertissant. Et ce n'est pas fini, on en parle encore une semaine après.

La présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, songe à remettre en question les PPP parce qu'ils ne sont pas aussi profitables en temps de crise. Quoi? Je croyais justement que les PPP étaient avantageux parce qu'ils ne sont pas affectés par les problèmes à court terme puisque les contrats courent sur une période de trente ans. Merde alors, j'ai dû mal comprendre. Quoi qu'il en soit, je m'en fous que les libéraux prennent prétexte de la crise pour se sortir de l'impasse dans laquelle ils étaient coincés et nous avec. Qu'on enterre les PPP et qu'on n'en parle plus. Bravo!

Ça y est, le virus A H1N1 a provoqué une pandémie internationale comme l'a décrétée l'Organisation mondiale de la santé. Ici, on nous dit de ne pas nous inquiéter parce que cette grippe est moins maligne que la plupart de celles qui nous affectent tous les hivers. Mais en même temps, on nous parle des dangers d'une mutation du virus et il n'y a pas encore de vaccin éprouvé. J'ai l'impression qu'on nous rassure surtout pour éviter que les urgences soient prises d'assauts par les malades. Malgré tout, c'est exactement ce qui est en train de se produire. Les urgences débordent ce qui contribuera à la propagation du virus. J'ai toujours pensé que la population mondiale serait un jour équilibrée par un virus qui tuerait des centaines de millions de personnes comme une sorte de revanche de la nature sur l'homme. A H1N1 est peut-être un éclaireur venu constater l'état des lieux avant la grande invasion. Bouuu!

Parlant de virus, Montréal ne souffre pas que de la structurite, elle est aussi depuis longtemps victime de la consultationnite et du goupedepressionnite. Ces deux derniers s'attaquent particulièrement à tout projet commercial qui risque de faire évoluer la ville sans tenir compte de leurs exigences qui sont parfois en parfaite opposition avec les objectifs des projets qu'ils infectent et rendent malades. Ils vont parfois jusqu'à les tuer comme le projet du casino qui impliquait le Cirque du Soleil. Cette fois-ci la victime potentielle est le projet du Quadrilatère Saint-Laurent qui inclut le nouveau siège social d'Hydro-Québec. Il est piloté par la Société de développement Angus dont la feuille de route est impeccable. On s'y oppose pour sauver les restes pourris de trois édifices dont deux  institutions de la Main : le cabaret de danseuses nues Cléopâtre et le Montréal Pool Room. Après consultation, Angus a intégré les façades patrimoniales dans son projet. Mais ce n'est pas suffisant pour certains. J'imagine qu'Hydro-Québec devrait présenter des spectacles de danseuses nues dans le hall d'entrée et confier la gestion de sa cafétéria au Pool Room pour que Dinu Bumbaru d'Héritage Montréal soit content. Pour moi, cette opposition c'est comme si je refusais que le dentiste me répare deux dents cariées parce qu'elles font parti du patrimoine de ma bouche.

L"édifice avant l'intégration des façades patrimoniales

L'édifice après l'intégration et le dégagement que cela crée avec le niveau de la rue.

Voici une sélection de mes Petites vites de la semaine sur Twitter :

Si je me fie au nombre de sacres que j'entends tous les jours, le Québec est loin d'être la société laïque qu'il prétend être devenu.

Le prochain livre de l'anthropologue Clotaire Rapaille portera sur le Québec et s'intitulera « Le p'tit bonheur ». Tout est dans le titre.

Notre société est tellement hyper sexualisée que même le cancer est rendu sexy.

Si la F1 revient à Montréal, je propose que le parc Jean-Drapeau maintienne la vitesse maximum à 30 km/h, c'est tellement plus sécuritaire.




Réflexions du fauteuil : les conservateurs francophones deux fois traîtres à la nation

10 06 2009

Les députés conservateurs francophones du parlement canadien se sont rendus coupables  d'un des gestes de lâcheté les plus écœurants depuis qu'ils sont au pouvoir.

Ils ont suivi aveuglément la ligne de leur parti et ont voté à l'unanimité contre l'obligation pour les juges de la Cour suprême d'être bilingues. En clair, cela veut dire, comme c'est arrivé depuis que les conservateurs sont au pouvoir, que des juges pourront continuer à être nommés même s'ils ne parlent pas français. Le contraire n'arrivera bien sûr jamais, parce qu'aucun juge unilingue français ne pourra accéder à cette fonction. C'est la première fois depuis la Révolution tranquille que je suis témoin d'une telle bassesse chez des députés francophones au parlement canadien.

Le pire, c'est que la motion qui a été présentée par un député néo-démocrate de l'opposition a été acceptée par 140 voix contre 133. Cela veut dire que la majorité des députés anglophones sont d'accord.  Les francophones qui ont voté contre sont non seulement des traitres à la nation québécoise et canadienne-française, mais ils ont aussi trahi le Canada qui est officiellement un pays bilingue. Par la même occasion, ils ont failli à un de leurs premièrs devoirs qui est de défendre la culture française et l'égalité des francophones au Canada

Depuis que Stephen Harper a nommé un juge unilingue anglais l'an dernier, la Cour suprême a beaucoup de problèmes à entendre les plaidoyers en français, car le juge en question doit avoir recours au service d'un traducteur qui retarde souvent les auditions. Dans un contexte comme celui-là, on ne peut plus garantir que les francophones sont traités sur le même pied que les autres citoyens. C'est la raison pour laquelle la motion a été présentée. Le chef libéral, Michael Ignatieff, a assuré qu'un gouvernement libéral voterait une loi pour rendre le bilinguisme obligatoire si ce n'est pas fait d'ici les élections.

Pauline Marois doit être très heureuse aujourd'hui. La traîtrise des députés conservateurs québécois donne beaucoup de légitimité au plan pour la souveraineté qu'elle a présenté dimanche.




Réflexions du fauteuil : un mauvais plan pour un Québec souverain

09 06 2009

Pauline Marois a présenté son Plan pour un Québec souverain dimanche à l'occasion d'une conférence de presse. La stratégie officielle a comme objectif d'aller chercher le maximum de pouvoir avant un éventuel référendum. Personne n'est contre la vertu, mais voyons point par point ce dont il s'agit.

Le PQ veut stopper les incursions du fédéral dans les champs de compétences provinciales en santé, en éducation et dans les affaires sociales. C'est ce qu'ont voulu faire tous les gouvernements du Québec depuis la Révolution tranquille. On ne peut pas empêcher le fédéral de créer des programmes nationaux surtout que souvent, ce sont les provinces qui le demandent. C'est ça une confédération et ça implique une négociation continuelle entre les différents paliers de gouvernement.

Le PQ veut évacuer le fédéral des champs de compétence partagés dans l'environnement, l'agriculture, la culture, les communications, l'intégration des immigrants et la perception des impôts. Je vais essayer de faire ça court. Si vous êtes pressé, allez lire la conclusion tout de suite. Avant de commencer, il est important de dire que même si le Québec était indépendant, il faudrait qu'il s'asseye avec le Canada pour discuter d'intérêts communs sur la plupart des sujets dont il est question ici.

L'environnement est un problème planétaire et global qui ne peut pas être réglé localement. Même si le Canada et le Québec appliquaient Kyoto à la lettre, la situation ne s'améliorerait pas beaucoup si les États-Unis ne le faisaient pas. S'il fallait en plus que chaque province agisse sans tenir compte de ses voisins, on ne s'en sortirait pas mieux.

En agriculture, le Québec est loin d'être autosuffisant. Nous consommons du bœuf de l'ouest, des patates de Terre-Neuve, du saumon du Pacifique et du Homard du Nouveau-Brunswick. Rien de plus normal que d'avoir des politiques nationales et une stratégie globale en la matière.

En culture, les institutions fédérales ont souvent très bien servi les Québécois et je ne parle même pas de Radio-Canada ou de l'ONF qui ont participé à la Révolution tranquille. Les artistes ont toujours profité de la dualité que fait que si la SODEC ne finance pas un film, il y a des chances que Téléfilm Canada le fasse. Michel Tremblay a vendu ses manuscrits aux Archives nationales du canada parce que les conditions étaient meilleures que celles offertes par Québec.

Les communications sont sans doute un domaine où Québec pourrait avoir ses propres règles. Mais c'est sans doute l'industrie qui s'y opposerait pour ne pas avoir à composer avec des règlements différents et nécessairement coûteux qui devraient de toute façon être assumés par les consommateurs québécois. C'est faisable, mais est-ce souhaitable?

Je voudrais rappeler que c'est le PQ qui a coupé les budgets des cours de français destinés aux immigrants. Je crois qu'en matière d'intégration, il n'a de leçon à donner à personne.

Québec voudrait percevoir tous les impôts pour ensuite remettre sa part au fédéral. Selon Mme Marois les Québécois seraient mieux servis ainsi. Je ne suis pas d'accord. Selon mon expérience et celle des gens que je connais, le fédéral est beaucoup plus efficace. Depuis des années, mon rapport électronique d'impôt fédéral est traité en moins de deux semaines alors que j'attends encore des nouvelles de Québec deux mois après l'avoir soumis. Dans tous les domaines, la fonction publique québécoise n'a jamais fait la démonstration qu'elle était plus efficace que celle du fédéral.

Le PQ veut aussi améliorer la loi 101, l'enseignement de l'histoire et adopter une constitution et une citoyenneté québécoise. Ce sont des choses que n'importe quel gouvernement québécois peut faire aujourd'hui à l'intérieur du Canada.

Si vous vous êtes rendus jusqu'ici, vous vous rendez sans doute compte comme moi que ce plan pour la souveraineté est une fumisterie. La stratégie sous-jacente vise à créer des occasions d'affrontements avec Ottawa sur plusieurs fronts simultanément pour préparer le terrain à un référendum gagnant. Le PQ ne se rend pas compte que nous sommes immunisés contre les conflits avec le fédéral parce que ça fait des décennies que ça dure et ça ne nous empêche plus de dormir depuis longtemps. Nous voulons plus de pouvoir, mais pas au point de nous séparer.

Un sondage récent a révélé que les Québécois sont en grande majorité très heureux dans la vie. Tant que le PQ ne sera pas capable de faire la démonstration qu'il y a plus de bonheur dans la souveraineté, nous n'embarquerons pas dans une aventure pleine d'incertitudes. Et cela n'a rien à voir avec l'adresse sur l'enveloppe de nos rapports d'impôt.




Réflexions du fauteuil : Soyons moins cons que les cons, sachons parler anglais

08 06 2009

Il n'est pas nécessaire de savoir parler anglais pour devenir premier ministre du Québec ou maire de Montréal, mais ne pas le parler est un handicap sérieux qui mérite réflexion.

D'entrée de jeux, je n'accepte pas les arguments du type si les autres ne le font pas, pourquoi est-ce qu'on le ferait. Ce n'est pas parce qu'il y a des cons qui refusent d'apprendre le français que nous devrions être aussi cons et ne pas apprendre l'anglais. Ce n'est pas parce que Harper à l'outrecuidance de nommer des ministres unilingues anglais ou que le maire d'Ottawa ne parle pas français qui nous devrions nous comporter de la même manière. Soyons meilleurs et plus ambitieux  Parlons anglais, espagnol, mandarin. L'anglais est la langue universelle. Ne pas le parler est un handicap pour quiconque aspire à des fonctions de haut niveau ici comme partout dans le monde.

Lorsque j'ai appris que Pauline Marois ne parle pas anglais, je suis tombé des nues. Je ne comprends pas qu'une politicienne qui aspire à la plus haute fonction du Québec et qui souhaite en faire un pays n'ait pas songé à apprendre l'anglais pendant les décennies où elle a pratiqué la politique à tous les échelons. Elle est la première dirigeante indépendantiste à ne pas être bilingue. René Lévesque l'était parfaitement. Si jamais elle gagne le pari de sa vie, comment fera-t-elle pour influencer et négocier avec les premiers ministres unilingues des autre provinces, avec les gouverneurs des états limitrophes de la Nouvelle-Angleterre, le président des États-Unis et tous les autres dirigeant du monde non-francophone dont elle devra solliciter l'appui? Pauline Marois a travaillé 30 ans pour accéder au poste de premier ministre. Le fait qu'elle n'ait pas investi quelques centaines d'heures pour apprendre l'anglais la discrédite à mes yeux. C'est une forme d'inconscience ou d'insouciance, un manque de respect pour la fonction de premier ministre que je ne m'explique pas.

Montréal est avec Toronto et Vancouver une des villes les plus cosmopolites du Canada et de l'Amérique. Il est inconcevable que son maire ne parle pas la langue universelle commune qu'est l'anglais. Louise Harel pourra peut-être se faire élire malgré ce handicap, car les francophones sont majoritaires, mais elle ne pourra jamais communiquer adéquatement et chaleureusement avec les immigrants qui ne parlent pas encore bien le français et qui sont quand même nombreux. On veut que Montréal soit une ville d'envergure internationale. Comment fera-t-elle pour en vanter les mérites sur toutes les scènes du monde. Elle ne pourra pas parler de sa voix douce avec Bernie Ecclestone pour le convaincre de ramener la F1 à Montréal. Elle sera dans l'incapacité de discuter avec ses homologues du Canada, des États-Unis et de partout dans le monde pour améliorer notre ville en profitant de l'expérience des autres.

Avant de conclure, je veux que les choses soient claires. Je ne souhaite pas que nos dirigeants parlent anglais pour plaire aux anglophones d'ici. S'ils n'ont pas encore compris qu'ils doivent parler français pour s'intégrer à la société québécoise, c'est qu'ils ne veulent pas l'être. Tant pis pour eux. Je ne vois pas pourquoi nous devrions faire plus d'effort qu'ils en font eux-mêmes pour communiquer. Socialement, je n'ai jamais accepté de parler anglais à un anglophone d'ici et nous devrions tous faire la même chose. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas. Dans la sphère privée, c'est autre chose. Il y a beaucoup de plaisir à jouer avec nos langues!

Les québécois qui aspirent aux plus hautes fonctions en politiques ou dans la grande entreprise doivent parler anglais. Ce n'est pas nécessairement une obligation dans tous les postes, mais c'est un atout dont seuls les mauvais joueurs pensent pouvoir se passer. Pour convaincre les autres que nous sommes les meilleurs et des gagnants il faut savoir les prendre à leur propre jeu. Si on joue avec des anglophones et des non-francophones, il faut pouvoir échanger et les battre sur leur propre terrain.

Il y a toujours du nouveau sur Les petites vites.




Réflexions du fauteuil: La petite revue de la semaine du 31 mai 2009

06 06 2009

(Caricature publié dans le Courrier Bordeaux-Cartierville)

La protectrice du citoyen a déposé son rapport sur le rappel des fromages au lait cru pendant la crise de la listériose. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle est dure à suivre. Elle donne raison au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) pour avoir détruit des tonnes de fromages, mais en même temps, elle lui reproche de l'avoir fait de façon inappropriée. Le MAPAQ a-t-il bien ou mal agi? Elle juge que le rappel des fromages était prématuré et que le ministère a mal évalué les risques. Il s'est complètement foutu de l'impact sur la santé financière des fromageries artisanales et il a mal communiqué ses intentions et ses motivations aux consommateurs. En plus, il a fait des prélèvements n'importe comment et n'a pas respecté ses propres normes. C'était tellement fait tout croche, qu'elle recommande que deux fromageries soient indemnisées. À mon avis, le MAPAQ a profité de la crise pour régler ses comptes avec les fromagers artisanaux qui défient les règles établies de stérilisation pour produire des fromages au lait cru et pour camoufler ses propres lacunes dans l'inspection alimentaire. Le ministre en a rajouté en refusant d'indemniser les deux fromageries en question. Il mérite une volée de fromage en crottes de brebis.

C'est passé presque inaperçu, mais le gouvernement du Québec a adopté une loi contre les poursuites ballon. Ce sont ces poursuites de plusieurs millions qu'intentent les grandes entreprises contre des groupes de pression pour les museler. C'est malhonnête, car les entreprises disposent de budgets illimités pour payer une armée d'avocats alors que ceux qui contestent leurs activités généralement dans le domaine de l'environnement ont trop peu de moyens pour se lancer dans une bataille juridique ruineuse. Que le système de justice soit complice de ces malversations était injuste et intolérable. Bravo au gouvernement pour y avoir mis fin.

Je n'ai pas de félicitations à faire au même gouvernement pour la façon dont il a géré la crise des tests de cancer du sein erronés. Cela a d'ailleurs donné lieu à une collision frontale comme on n'en a jamais vu entre Charest et Marois. Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a particulièrement été mauvais au point où tout le monde se questionne sur ses capacités à occuper son poste. On voit même que cela l'affecte physiquement, ce qui est mauvais signe. Depuis une semaine, il a développé un tic. Il cligne des yeux frénétiquement dès qu'il prend la parole. Il est à bout de nerfs. Il devrait consulter un médecin. Pas le président de la Fédération des médecins spécialistes avec qui il s'est engueulé par médias interposés. Le Dr Barrette est radiologiste, il pourrait être tenté de l'irradier une fois pour toutes.

 

Le Dr Gaétan Barrette, un homme à l'appétit vorace

228 personnes sont mortes dans la désintégration de l'Airbus A-330 d'Air France au-dessus de l'Atlantique. De tels accidents sont spectaculaires et frappent l'imagination à tout coup. Pourtant, on a beaucoup plus de chance de se faire frapper par une voiture en sortant de chez soi que de mourir dans un écrasement d'avion. Pendant la journée où s'est déroulé le drame, 8 900 personnes sont mortes du cancer, 7 876 des suites du tabagisme, 2 400 du sida et 1 494 dans des accidents de la route. Au total, 71 232 personnes sont mortes ce jour-là. Les médias devraient aussi s'intéresser à eux, particulièrement les 5 931 qui sont décédés par manque d'eau potable et les 12 975 enfants de moins de 5 ans par manque de soin. Mes condoléances aux familles éprouvées.

Le Tennessee est définitivement l'état le plus divertissant des États-Unis. Après avoir voté un règlement qui oblige les jeunes Yo à monter leurs culottes qu'ils portent en général sous les fesses, le parlement régional vient d'adopter une loi qui permettra aux clients des bars et restaurants de venir armé de leur pistolet. Cela devrait contribuer à réduire le nombre de batailles de bar ou du moins, à les raccourcir. De plus, on s'attend à ce que la qualité de la nourriture offerte dans la plupart des restaurants augmente considérablement.

Voici quelques petites vites que j'ai publiées sur Twitter cette semaine:

Je n’ai ni passeport canadien ni permis de conduire. Pour aller à Old Orchard en autobus, je peux-tu utiliser mon passeport de l’Expo 67?

Aux États-Unis, un médecin pro-choix a été assassiné par un militant pro-vie. Voilà une maudite belle façon de promouvoir la vie.

Les partis d’opposition réclament l’ablation du ministre de la santé. Le gouvernement refuse en invoquant une erreur de test.

Une femme accouche sans aide médicale à l’hôpital Royal Victoria. Après le virage ambulatoire, voici l’hôpital libre service.

Test de QI: Le successeur de Kim Jong-Il sera son fils Kim Jong-Un qui sera suivi de Kim Jong-Nous. Devinez la suite logique.

Journée de l’environnement: je pose un geste écologique à tous les jours. Je pisse dans la douche pour économiser l’eau de la toilette.

 




Réflexions du fauteuil : Louise Harel va diviser Montréal

05 06 2009

Louise Harel se lance dans la course à la mairie de Montréal avec l'intention de mettre fin au bordel créé par les 19 arrondissements. On pourrait croire qu'elle va unifier la ville comme elle a tenté de le faire avec les fusions municipales. Je pense que si elle est élue, elle va réussir exactement le contraire.

Si Louise Harel devient maire, la ville va être coupée en deux. La rue St-Laurent va reprendre sa place comme symbole de la frontière entre les deux cultures dominantes. Si elle est élue, ce sera en grande majorité par les citoyens de l'est de la ville. Il faut même s'attendre à un taux de participation record dans l'ouest à majorité anglophone, ce qui à la limite pourrait l'empêcher de l'emporter et mener à la réélection de Gérald Tremblay. Mais si elle réussit son pari, la ville va être divisée comme jamais.

Son passé péquiste va lui nuire énormément dans ses relations avec Québec. Elle n'obtiendra rien du gouvernement libéral si bien que Montréal va être immobilisé pendant les trois prochaines années. Elle n'obtiendra rien non plus de l'élite de la minorité anglophone sur laquelle il faut compter pour diriger la ville. Elle ne parle pas leur langue, ce qui est une insulte, et elle est indépendantiste, ce qui est une hérésie.

Tous ceux qui tiennent à la santé de Montréal souhaitaient qu'il y ait des personnalités d'envergure qui s'y intéressent au point de se présenter à la mairie. Mme Harel est sans doute une candidate d'importance, mais elle n'a pas ce qu'il faut pour diriger la métropole. Dommage.

Visitez Les petites vites sur Twitter. Merci.




Réflexions du fauteuil : Guy Laliberté s’envoie en l’air

03 06 2009

Nous vivons dans un monde merveilleux où l'argent peut tout acheter. Guy Laliberté va dépenser 25 millions pour s'envoler vers la navette spatiale. Grand bien lui fasse. Si j'étais assez riche, je ferais probablement pareil parce que c'est le trip ultime.

Mais je ne peux pas m'empêcher de penser aux vrais astronautes qui comme le québécois David Saint-Jacques, doivent trimer dur pour accéder au même privilège. Le processus de sélection qui l'a amené à être choisi a duré plus d'un an. Sa formation avant de se qualifier pour une mission s'étendra sur plus de trois ans sans avoir la certitude de partir un jour. De son côté, Guy Laliberté n'aura qu'à réussir un examen médical et à se soumettre à quelques semaines d'entraînement pour s'envoler.

M. Laliberté est un homme génial, c'est un artiste qui a beaucoup de qualités et d'instinct. Mais sans vouloir le diminuer, il n'a jamais eu à fournir les efforts qu'il a fallu à M. Saint-Jacques pour obtenir un bac en génie civil, un doctorat en astrophysique et un autre en médecine. Pendant qu'il dirigeait le département de santé de Puvirnituq au service des Inuit dans le Grand Nord québécois, Guy Laliberté se promenait partout dans le monde dans son jet privé pour assister aux grands prix de formule 1 et créait la fondation One Drop pour donner à accès à l'eau potable à des populations dont il n'a jamais partagé la vie quotidienne.

Hier aux nouvelles on a montré des images de l'arrivée du premier milliardaire américain à s'être payé le voyage. En entrant tout excité dans la navette, il a voulu faire l'accolade à un astronaute russe qui s'est retourné subtilement pour éviter de répondre. Le message ne pouvait être plus clair : « Ce n'est pas parce que tu as les moyens de te payer le voyage que tu fais partie de nous ».

Je souhaite quand même bon voyage au guide du Cirque du Soleil. Je pense qu'il faut beaucoup d'inconscience et d'arrogance pour croire que c'est une promenade accordée au mérite. Je crois plutôt qu'il s'agit d'une sorte d'usurpation, sinon un hold-up sur une partie des milliards que plusieurs pays dont le Canada ont dépensé pour l'avancement de la science et le bien de l'humanité.

Il est aussi question de Guy Laliberté sur Les petites vites.




Réflexions du fauteuil : le capitalisme américain est mort

02 06 2009

"Réjouis-toi, le gouvernement paye les frais funéraires".

General Motors, la plus grande entreprise privée du monde au 20e siècle et le symbole du capitalisme américain et de sa domination internationale est maintenant la propriété à 61% du gouvernement.

GM est le dernier clou dans le cercueil de la conception qu'ont les Américains du capitalisme libre et sans entraves. Depuis un an, si le gouvernement n'était pas intervenu massivement pour soutenir les banques et les autres grandes composantes du système financier, il aurait implosé. Mais il y a des limites à ce que le peuple peut supporter sans se révolter. Quand il réalisera que malgré les centaines de milliards dépensés, des entreprises vont quand même disparaître, il y aura un effet de ressac. Le gouvernement ne pourra pas continuer à dépenser sans compter en pure perte.

Je ne crois pas à la survie de GM, ni à celle de Chrysler. Le marché nord-américain n'est pas prêt pour l'achat de petites voitures économiques. On rêve en couleur à Washington. Le bon peuple ne va pas du jour au lendemain abandonner les symboles de prospérité financière que sont leurs VUS et autres grosses cylindrées pour des Fiat 500 et des petites voitures hybrides. Puis entre vous et moi, croyez-vous que le gouvernement est le meilleur gestionnaire pour faire prospérer une entreprise?

Pendant que l'Europe se réorganise, que la Chine et l'Inde et la Russie s'en sortent pas trop mal et que les pays émergents continuent à émerger, les États-Unis vont continuer à s'enfoncer en essayant de sauver les restes de leur système en pure perte. Le capitalisme américain est bel et bien mort. Il ne reste plus qu'à déterminer la date des funérailles.

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Réflexions du fauteuil : les personnalités du mois de mai 2009

01 06 2009

L'employé du mois

Michael Ignatieff est devenu officiellement chef du Parti libéral du Canada. Si tout va bien il devrait être premier ministre avant la fin de l'année. J'entretiens un préjugé favorable à son endroit ne serait-ce que parce qu'il va nous débarrasser des conservateurs. Reste à voir quelle sorte de programme politique il va nous pondre. Est-ce que le ramage sera à la hauteur du plumage de ce bellâtre aristocratique un peu suranné?  

La femme du mois

Michèle Asselin, la présidente de la Fédération des femmes du Québec, a rallumé la flamme des accommodements raisonnables. La FFQ s'est prononcée contre l'interdiction des signes religieux dans la fonction publique pour mieux intégrer les femmes immigrantes sur le marché du travail. Tout le monde a compris que l'expression signes religieux signifiait voile islamique. Les intégristes qui forcent leurs femmes à le porter ont dû être heureux d'apprendre qu'il était devenu un symbole d'intégration. Michèle Asselin a réalisé avant tout le monde que les mots intégriste et intégration ont la même racine. Bravo, elle doit être championne au Scrabble à défaut de l'être dans la défense de droit des femmes à l'égalité et la liberté.

La première étoile du mois

Guy Lafleur, notre légende vivante du hockey, est un homme ordinaire devant la justice. Il a été condamné pour avoir menti à la cour pour protéger son fils turbulent. Le journaliste Réjean Tremblay qui a déchiré sa chemise plusieurs fois pour le défendre et la majorité des Québécois trouvent la justice injuste. La justice est aveugle, alors elle n'a jamais vu ses exploits sur la glace. Elle n'a pas vu non plus la souffrance du père aimant qui se débat depuis plus de vingt ans avec un enfant incontrôlable. C'est probablement pour ça que nous nous identifions à lui. Pas à cause de son statut de vedette de notre sport national, après tout, nous ne sommes pas tous amateurs de hockey, mais nous sommes presque tous parents.

Le génie du mois

David St-Jacques est devenu astronaute, son rêve de jeunesse. En attendant de le réaliser, il ne s'est pas trainé les pieds. Il a fait coup sur coup un bac en génie physique à Polytechnique, un doctorat en astrophysique à Cambridge en Angleterre et médecine à l'Université Laval. Il a fait un post doctorat au Japon où il a appris le japonais en moins d'un an. Il résout le cube Rubik en plus ou moins une minute tout en préparant une omelette. Je blague, mais pour le cube c'est vrai. C'est un sportif accompli et un aventurier qui est allé exercer ses talents autant dans la brousse australienne que dans le Grand Nord où il était médecin avant de poser sa candidature pour devenir astronaute. Bref, c'est un génie et une autre bonne raison d'être fier d'être québécois.

La pleureuse du mois

L'ancien premier ministre canadien, Brian Mulroney, a versé des larmes de crocodile pendant son témoignage devant la commission Oliphant sur le scandale Karlheinz Schreiber. C'est arrivé quand son avocat qui a le sens du drame et qui aurait dû étudier en théâtre a invoqué l'affaire Airbus où l'ancien premier ministre a faussement été accusé d'avoir reçu des pots-de-vin. À l'époque, le gouvernement fédéral l'avait consolé en lui donnant 2,1 millions en compensation. Moi ce qui me fait brailler, c'est de voir Mulroney être mêlé à une affaire de pot-de-vin pour la deuxième fois de sa vie. Il me semble que c'est au moins une fois de trop pour un homme honnête.

Le grand voyageur du mois

Le chanteur Sylvain Cossette est le prix d'un concours organisé par la chaîne de magasins Brault et Martineau pour nous vendre ses meubles payables en 36 mois sans intérêt. Il accompagnera les gagnants en République dominicaine du 5 au 12 décembre 2009. Moi qui croyais que sa carrière était florissante, je suis un peu déçu de le voir vendre des matelas et des fauteuils El-Ran pour gagner sa croute. Puis franchement, qui veut aller dans le sud au début du mois de décembre? Ça a l'air d'un prix de consolation d'un concours dont le premier prix serait une croisière au mois de février dans les Caraïbes sans Sylvain Cossette.

La tête de cochon du mois

Grâce à son entêtement à refuser de payer les avocats des victimes dans l'affaire Villanueva, le ministre Jacques Dupuis a miné la confiance de la population dans le gouvernement et l'administration de la justice. Il a agi de manière déshonorante et ne mérite pas son poste de ministre de la Justice. S'il lui restait un peu de bon sens, il aurait remis sa démission. Comme il ne l'a pas fait, j'espère qu'aux prochaines élections, les électeurs de son comté lui feront savoir qu'ils ont autant de mémoire qu'il est entêté.

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Réflexions du fauteuil : la petite revue de la semaine du 24 mai 2009

30 05 2009

Il y a un élément qui me frappe particulièrement dans ce qui a été révélé jusqu'à maintenant dans l'enquête publique sur l'affaire Villanueva. Les enquêteurs de la Sureté du Québec n'ont jamais rencontré les policiers impliqués qui n'ont donc jamais été interrogés ni fait de dépositions. On s'est contenté de rapports écrits et signés. Est-ce que c'est toujours ainsi que les choses se passent quand un corps policier enquête sur un autre? Si oui, c'est une vaste farce et un scandale. Cette directive ministérielle qui vise à plus de transparence quand des policiers sont impliqués dans des événements graves est complètement inutile si les enquêtes sont superficielles. Je dirais même que cette façon de faire ne vise qu'à protéger les policiers contre tout risque de remise en question de leurs motivations et de leur geste. C'est un exercice de camouflage pas de transparence.

Il fallait s'y attendre, la Fondation Rivière s'oppose au projet hydroélectrique Petit-Mécatina. La directrice de l'organisme, Anne-Marie Saint-Cerny, évoque le fait que nous n'avons pas besoin de cette électricité maintenant, que les Québécois vont en payer les frais et que la Côte-Nord est livrée aux bulldozers. Pour une fois que le gouvernement planifie, on serait bien mal venu de lui reprocher. L'hydroélectricité est notre plus grande richesse collective, profitons-en. Le coût des projets hydroélectrique est surtout constitué de jobs. Nous dépenserons de l'argent pour créer des emplois pour des milliers de travailleurs qui paieront des impôts. Voilà une façon exemplaire d'utiliser l'argent de nos taxes. Finalement, le Québec est vaste et compte des dizaines de milliers des rivières, de lacs et de cours d'eau de toute sorte. En transformer quelques-uns pour assurer notre avenir ne devrait pas être considéré comme catastrophique. Cela n'est pas non plus un empêchement à mettre de l'avant des projets d'économie d'énergie comme le souhaite la Fondation.

Fumeurs et motocyclistes, même combat! Après les fumeurs et le tabac, c'est au tour des motocyclistes et de leur moto de se retrouver dans le collimateur du gouvernement. La SAAQ leur a d'abord imposé des augmentations substantielles du prix des permis pour ajuster leur contribution à la hauteur des coûts que leurs accidents génèrent. Maintenant on songe à interdire les motos sport aux moins de 25 ans. Je suis d'accord avec les deux mesures. Ce qui m'interpelle, c'est que cela ressemble beaucoup à la stratégie gouvernementale pour combattre le tabagisme. La moto fait beaucoup de victimes comme le tabac, elle coûte cher au système de santé et elle affecte la vie des non-motocyclistes par un effet secondaire et polluant, le bruit. Je ne serais pas surpris qu'il y ait bientôt des citoyens pour réclamer l'interdiction pure et simple des grosses cylindrées bruyantes et polluantes comme certains le font pour le tabac. On n'arrête pas le progrès!

La ministre de la Culture, Christine Saint-Pierre, nous a fait une belle démonstration de valse à trois temps dans l'affaire du style de vie prétendument luxueux du PDG de la SODEC, Jean-Guy Chaput. Elle a d'abord réclamé sa démission quand le Vérificateur général a blâmé l'organisme pour ses pratiques administratives et financières discutables. Elle en a rajouté dans un pas de deux avec le premier ministre Charest quand ils ont appris que M. Chaput logeait dans une chambre d'hôtel à 1,300 $ par jour avec vue sur la mer pendant le Festival de Cannes. Puis, elle a terminé son spectacle par une valse-hésitation quand l'accusé a menacé de poursuivre le gouvernement s'il mettait fin à son contrat avant l'échéance d'octobre prochain. On aimerait que nos ministres soient toujours aussi pressés quand vient le temps de redresser la barre dans des dossiers prioritaires. Quant à Monsieur Chaput, il devrait rencontrer son avocat le plus vite possible puisque le conseil d'administration de la SODEC a recommandé sa destitution après une réunion de 9 heures vendredi.

PS Je suis allé à Cannes souvent, pas au Festival du film, mais pour des congrès internationaux sur les communications qui attirent autant de professionnels. Les chambres les plus ordinaires coûtent plus cher qu'une petite suite à Montréal. Ça ne me scandalise pas que le PDG d'un organisme aussi vital pour notre cinéma qui doit négocier avec les plus importants intervenants du cinéma francophone pour discuter de distribution et de coproduction habite dans un hôtel ayant un certain standing. Les Français particulièrement, ne prendront jamais au sérieux un PDG qui a l'air d'un plouc en habitant dans l'arrière-pays dans une chambre à 300 euros.

Voici deux affiches qu'on a vues un peu partout cette semaine. Elles se passent de commentaire. Je ne peux pas m'empêcher de les reprendre tellement elles sont à la fois magnifiques et terribles.

Voici quelques petites vites publiées sur Twitter cette semaine :

Sur Twitter, concision et circoncision sont synonymes. Pour qu'un texte entre dans la fenêtre, il faut toujours en couper un petit bout.

Freddy Villanueva est tellement connu qu'on croirait qu'il est un enfant de la balle. Malheureusement, il en a reçu 2 de trop.

Si je marche à gauche sur un trottoir à Montréal, est-ce que je peux avoir une contravention pour avoir circulé à contresens?

Les avocats coûtent la peau des fesses. Les policiers qui ne paient pas ont le cul bordé de nouilles. Les autres sont les nouilles...

Le Fond de solidarité de la FTQ veut investir dans l'achat du Canadien. Tony Accurso va mettre son yacht de complaisance en garantie.

Les femmes sont moins vulnérables à la listériose que les hommes. Par contre, elles sont plus souvent victimes de l'hystériose périodique.




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