Éléphantesque!

19 11 2008

Le projet Éléphant, la plus importante initiative culturelle et historique de ce début de millénaire, a été lancé hier soir. Québécor et sa filiale Vidéotron ont amorcé la restauration, la numérisation haute définition et la diffusion de l’ensemble de la cinématographie québécoise. À terme, ce sont plus de 800 films qui seront disponibles en permanence au bout de la manette des clients du câble.

Vous pouvez dès maintenant voir quelques-uns des plus grands films de l’histoire de notre cinéma en syntonisant le canal 900. Il y  des classiques comme La Forteresse de 1947 et Le curé du village tourné en 1949, des films de Denis Arcand comme Gina ou de Gilles Carle comme La vraie nature de Bernadette et La mort d’un bûcheron. Les prix sont très raisonnables : 1,99 $ pour la version SD et 2,99 $ pour la HD. C’est un investissement de 2.5 millions entièrement assumé par Québécor.

Ce que j’ai écrit ci-dessus ressemble à un communiqué publicitaire, mais je n’en reviens pas. C’est une initiative d’une importance sans précédent pour comprendre qui nous sommes. Notre cinéma a toujours été le reflet de notre société. Avoir accès à tous les longs métrages réalisés depuis les années 40, c’est pouvoir s’approprier notre histoire récente et historique, car plusieurs de ces films portent sur des événements qui se sont produits depuis la naissance de notre nation.  Je suis très heureux que les jeunes d’aujourd’hui et les générations futures y aient accès alors que l’enseignement de l’histoire est négligé dans nos écoles. C’est tout simplement fabuleux.

 

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Réflexions du fauteuil : petites vites électorales

18 11 2008

Mario Dumont accuse Jean Charest de manquer d’honneur parce qu’il promet de rembourser les traitements de procréation assistée après s’y être opposée jusqu’à maintenant. Il me semble avoir déjà entendu le même Dumont dire qu’il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée.

Parlant d’honneur, je crois que c’est ce qui a manqué le plus à Mario Dumont quand il a fait son mea-culpa public dimanche. Il s’est excusé d’avoir commis des erreurs comme chef de l’opposition, de ne pas avoir su travailler en équipe, etc. Il a demandé qu’on lui donne une seconde chance. Cette confession sent l’opportunisme et l’électoralisme à plein nez. Cette minable tentative d’attirer la compassion de l’électorat est une stratégie en forme de clou de cercueil. Devant les réactions de surprise qu’a suscitées sa confession, Mario a invité les autres chefs à faire de même. Je le cite : « C’est une chose en politique de ne pas être capable d’admettre ses erreurs. Mais c’est une chose bien plus grave de ne pas être capable  d’admettre les conséquences, les effets de ces erreurs sur la vie des gens ». Je veux tout de suite le rassurer, on va s’en remettre Mario!

Le Parti libéral promet des primes de plusieurs milliers de dollars pour retenir les infirmières qui sont prêtes à prendre leur retraite et pour susciter de nouvelles vocations chez les jeunes. Ça m’intéresse beaucoup, à cause de la crise économique. Maintenant que Jean Charest est prêt à payer pour les traitements de procréation assistée, je me demande s’il consentira à payer pour mon opération de changement de sexe.

Pierre Foglia traite Pauline Marois de fausse matante. Selon lui il y a un malaise Marois. Elle a un problème d’image parce qu’elle n’assume pas sa condition de châtelaine. Elle a tellement peur des réactions négatives que pourrait susciter sa richesse qu’elle se compose une image de matante qui ne correspond pas à ce qu’elle est. Il écrit : « Les gens préféreraient une vraie châtelaine à une fausse matante ». Moi aussi je mes sens mal à l’aise quand je la vois se précipiter sur les enfants pour leur caresser la joue ou faire des grands sourires pleins de sollicitudes à ses partisans.

Pauline Marois propose d’abolir l’enseignement de l’anglais dans le premier cycle du primaire pour le concentrer à la fin par un enseignement intensif pendant les cours de mathématique, d’histoire et de géographie. Ainsi, ce serait plus facile d’apprendre la langue seconde, car 2 plus 2 font quatre, Paris sera toujours Paris et Wolfe sera toujours le vainqueur. Ça fait des décennies qu’on essaie de trouver la bonne méthode pour enseigner l’anglais. On s’en fout, il n’y a jamais personne qui a appris à parler l’anglais à l’école. La meilleure des méthodes est au bout du fil : sex fève fore sex eau ouane ouane.

L’ADQ et le PQ donnent des chèques-cadeaux de 100 $ aux électeurs qui font des contributions électorales de 400 $ et plus dans Beauce-Sud. Personnellement je préférerais obtenir 36 mois pour voter sans intérêt. Sans blague, le DG des élections promet de mettre fin à cette pratique qui ne respecte pas l’esprit de la loi. Il y a des limites à vouloir acheter des votes. C'est dommage, pour une fois que des candidats avaient des idées originales.

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Les hauts et les bas de Sophie Paquin

16 11 2008

Je suis un fan de cette série. C’est une des meilleures comédies de situation des dernières années. Ce qui me réjouit particulièrement c’est le nombre de tabous qu’elle abat chaque semaine. Tous les personnages ont des squelettes dans leurs placards que les auteurs s’amusent à révéler au grand jour pour notre plus grand plaisir.

La série a débuté par une grande surprise. Sophie a accouché contre toute attente d’un enfant noir. Un souvenir inattendu d’un week-end à New York. Depuis, son cœur balance entre Malik, le géniteur, et les hommes de sa vie dont le dernier, Mathieu, vient d’inséminer avec succès son ancienne blonde qui est devenue lesbienne après être tombée amoureuse de sa sœur. La sœur de Mathieu bien sûr, vous me suivez? Malik de son côté, est retourné auprès de sa femme après avoir résisté à la tentation de vivre avec Sophie, la mère de son fils. Mais ça ne veut rien dire, car on sent que cette histoire n’est pas terminée. D’ailleurs, la relation entre Sophie et Mathieu est menacée par le trouble qu’il semble ressentir en sachant que son ex sera mère de son enfant. La mère de Sophie, une veuve joyeuse et riche, vole dans les boutiques chics, se drogue aux pilules après avoir mis la main sur le bloc de prescriptions de son médecin et s’est envoyée en l’air avec un prêtre. Son fils, le frère de Sophie, qui sort de prison, est un minable raté qui ne sait faire rien d’autre que de vider les poches de sa mère et voler les clients de sa sœur en ouvrant une agence artistique qui va s’écraser lamentablement. Le meilleur ami de Sophie, un médecin homosexuel vient de tomber en amour avec un juge de la même espèce. Il y a déjà eu des gays à la télé, mais jamais de cette qualité. Bravo! L’ex de Sophie qu’elle croyait être le père de son enfant, sort avec une actrice qui baise avec un réalisateur alors qu’elle se sait enceinte de son chum. Autour des personnages principaux gravitent des originaux tous plus névrosés les uns les autres dont une actrice ratée délicieusement interprétée par Élise Guilbault et une directrice de casting alcoolique qui s’est fait faire une paire de seins énormes dans le but de séduire des jeunes hommes qui pourraient être ses fils. Il n’y a que deux personnages qui sont à peu près équilibrés. Barbara la secrétaire de Sophie et Madame Théberge sa voisine qui garde son fils. Malgré tout, ce sont des femmes seules en manque d’amour.

Heureusement qu’il s’agit d’une comédie, car ce que je viens d’écrire pourrait être la trame d’un soap mexicain d’après-midi hyper dramatique. C’est pour ça que j’aime cette émission, elle est surprenante, irrévérencieuse, satirique et sans barrières. Elle est tellement bonne qu’elle a été achetée par France 2, l’équivalent de Radio-Canada, qui l’a doublée plutôt que d’en faire une adaptation.

 

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2,400 profs de plus, c’est bien, les mettre à la bonne place, c’est mieux

13 11 2008

La promesse du Parti libéral d’embaucher 2,400 professeurs de plus pour alléger les classes a été bien accueillie par la Fédération de comités de parent qui se demande bien où on va les trouver. Pour moi la principale question n’est pas celle-là. Il faut plutôt se demander si on doit les utiliser pour réduire le nombre d’élèves de deux ou trois par classe de façon universelle et sans distinction, ou en profiter pour sortir les élèves en difficulté des classes régulières pour les regrouper dans des classes allégées où ils auront accès à plus de support.

Une prof que je connais m’a dit qu’elle préférerait avoir des classes de 40 élèves normalement performants que de continuer à enseigner à des groupes de 30 étudiants qui comptent dans leurs rangs quelques cas problèmes qui empêchent la majorité de progresser à leur plein potentiel. C’est là que le bât blesse dans le système public. En prenant la décision d’intégrer les élèves en difficulté dans les classes régulières pour ne pas les ostraciser, les génies du MEQ ont pris une décision au détriment des intérêts de la majorité et des meilleurs dont plusieurs en viennent à perdre tout intérêt parce qu’ils ont le sentiment de perdre leur temps. Dans un tel contexte, il n’est pas surprenant que les écoles privées soient de plus en plus populaires. Réduire les classes de 33 à 30 élèves ne change pas grand-chose. Ce qu’il faut faire, c’est regrouper les cas lourds dans des classes réduites de 10 à 15 élèves et concentrer autour d’eux les services qui sont actuellement dispersés un peu partout. Cela dit, en supposant que cela se réalise, il y aurait probablement un autre problème qui surgirait. À cause de la séniorité et du ras-le-bol de beaucoup de profs expérimentés, ce sont probablement les 2,400 nouveaux arrivants qui hériteraient des classes spéciales. Je ne suis pas certain qu’ils feraient long feu dans des conditions aussi difficiles.

Quoi qu’il en soit, toute amélioration dans les conditions d’enseignement est la bienvenue. Et je suis certain que ce ne sera pas si difficile de trouver 2,400 jeunes universitaires pour tenter l’aventure.

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Les lunettes roses

11 11 2008

Je vous avertis, je viens de mettre mes lunettes roses. Les nuages de novembre, les arbres dénudés et vos âmes grises viennent de se transfigurer. La vie est belle au cœur du plus beau pays au monde. Nous avons une chance de cocus. Pendant que nos voisins d’en bas et le reste du monde sont pris dans la tempête, nos gouvernements engrangent des surplus et au Québec, la valeur des maisons continue d’augmenter pendant que partout autour le marché immobilier s’effondre.

Les pessimistes prédisent que le pire est à venir et ils ont raison. Les plus graves conséquences de l’ouragan que le monde traverse nous toucherons quand nos exportations vers les États-Unis seront affectées par la baisse de la consommation et au fur et à mesure des fermetures d’usine et des faillites d’entreprises, même celles que nous croyions éternelles comme GM ou n’importe quel autre géant. Mais notre situation économique actuelle est tellement saine que les dégâts seront limités. Le taux de chômage  de 7.2 % est un des plus bas des 30 dernières années. Les banques et institutions financières canadiennes sont solides parce que les lois et les règlements qui les régissent ne leur donnent pas la liberté et la latitude de faire n’importe quoi et même de se pendre comme aux États-Unis.  Les finances publiques sont saines et les déficits sous contrôle. Nous avons en plus un des systèmes de sécurité sociale parmi les plus progressistes dans le monde. C’est quand même pas mal. Ça ne veut pas dire que tout est parfait et qu’il ne faut pas continuer de s’améliorer, mais je crois que nous devrions plus souvent apprécier ce que nous avons. C’est un cliché, mais il suffit d’être informé et d’avoir voyagé ailleurs qu’en Floride ou dans un forfait tout inclus sur n’importe quelle plage, pour apprécier notre qualité de vie. Nous devrions remplacer le « Je me souviens » qui est souvent synonyme de « J’ai tout oublié », par « Quand on se compare, on se console ». Il faut aussi admettre qu’au plan économique, les conservateurs au fédéral et les Libéraux au Québec ont dû faire quelque chose de bien au cours des dernières années… Wow! J’enlève mes lunettes roses. Je commence à avoir mal à la tête et j’ai l’impression que cela réduit mes capacités intellectuelles.

Cela dit, nous avons trouvé ici une façon d’interpréter le système capitaliste qui nous permet de bénéficier de ses avantages tout en limitant ses principaux irritants. Sincèrement, je suis pas mal fier de nous.

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Le PQ est cuit, Pauline aussi

09 11 2008

Je me doutais bien que mettre la souveraineté au frigo risquait d’échauffer les esprits au Parti québécois. Ce qui se passe depuis quelques jours dans le conté de l’Assomption et ailleurs le confirme. Mettre la souveraineté de côté par électoralisme pour un parti qui se veut indépendantiste c’est comme si en France, le parti socialiste proposait des politiques de droite parce que cela lui donnait plus de chance de prendre le pouvoir. Si le PQ est pour l’indépendance du Québec, il doit en faire la promotion sans relâche et sans concession. Il doit cesser de privilégier la stratégie au détriment de son objectif ultime. Il doit aussi arrêter de prendre les électeurs pour des imbéciles qui ne voient pas leur jupon qui dépasse. Je l’ai déjà écrit et je le répète un vote pour le PQ devrait être un vote pour l’indépendance, point final. Exit les référendums aux questions tordues pour ne pas faire peur au monde. Le jour où le Parti québécois prendrait le pouvoir, ce serait parce que la majorité des Québécois voulaient de donner un pays une fois pour toutes, pas pour que les indépendantistes vaguent aux affaires courantes en attendant un référendum ou les prochaines élections. J’en ai assez de cette hypocrisie.

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Une autre idée brillante de l’ADQ : privatiser partiellement Hydro-Québec

07 11 2008

Décidément, l’ADQ continue de se ridiculiser. Il propose de privatiser 7.5 % d’Hydro-Québec (HQ) pour en améliorer la gestion et utiliser l’argent ainsi généré pour payer une partie de la dette.

D’abord, qui a dit qu’HQ est mal gérée? Y a-t-il eu une commission d’enquête sur la question? L’ADQ prétend qu’elle est dirigée par les amis du gouvernement. Le président actuel, Thierry Vandal, est issu des rangs de l’entreprise et son prédécesseur venait de Gaz Métropolitain. Où sont les nominations politiques là-dedans? Il y en a sans doute au conseil d’administration, mais c’est normal que le parti au pouvoir essaie d’influencer les entreprises publiques dont il a la responsabilité. L’ADQ ferait pareil. De toute façon, il n’y a pas un gouvernement qui dure assez longtemps pour réussir à remplacer tous les membres du conseil à son avantage. Qu’il y ait du gaspillage ne fait aucun doute. Il n’y a pas de système de gestion parfait. Toutes les grandes entreprises qu’elles soient publiques ou privées font face à ce phénomène. Rien ne prouve qu’Hydro-Québec est pire que les autres.

Je ne suis pas d’accord pour qu’une poignée d’investisseurs profitent du rendement d’HQ au détriment de l’ensemble de la population. HQ remet 50% de ses profits nets au gouvernement, soit 1.5 milliard en 2006-2007. Le reste est réinvesti au développement de ce qui est une de nos plus grandes richesses collectives. Vendre 7.5 % de l’entreprise veut dire que 112 millions de profits aboutiraient dans les poches des investisseurs. Quels investisseurs? Ceux qui achèteront des actions et les entreprises du Québec selon L’ADQ. Même s’il y avait un programme pour permettre aux petits épargnants d’acheter des actions, éventuellement elles finiraient entre les mains de quelques investisseurs par le jeu des transactions boursières. Bombardier, SNC-Lavalin, Gaz Métro ou Stephen Jarislowski pourraient s’approprier ainsi une partie de notre trésor national et faire pression sur le gouvernement et l’entreprise pour obtenir des avantages ou des concessions. C’est inconcevable. Si on tient à utiliser HQ comme levier pour payer la dette nationale, il n’y a qu’à relever les tarifs comme le proposaient le Mouvement Desjardins et l’économiste Pierre Fortin. Mais c’est un autre sujet que je ne veux pas aborder ici. Il y a moyen de la réduire autrement qu’en bradant nos plus beaux morceaux.

L’ADQ me désespère. Constitutionnellement, il est assis entre deux chaises dans un trou noir appelé l’autonomie qu’il n’est pas capable de définir clairement lui-même. Et économiquement, il vient de s’assoir sur une chaise électrique qui va l’électrocuter du cul au cerveau pour brûler le peu de matière grise qu’il a. C’est normal que l’ADQ n’ait pas de vision, il est aveugle.

 

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Prédictions électorales

06 11 2008

Du point de vue de la majorité des électeurs, il n’y a qu’un seul bon moment pour déclencher des élections, c’est quand un gouvernement est en fin de mandat et que plusieurs ont envie d’en changer. Du point de vue des politiciens, c’est idéalement, quand ils ont le plus de chances de l’emporter. C’est ce qui se passe depuis hier. C’est un peu déprimant. Voici mes prédictions pour ce qui s’annonce comme un des matchs électoraux les plus plates de l’histoire du Québec.

L’ADQ va perdre son statut d’opposition officielle. C’est bien de sa faute. C’est un parti d’incapables dont le chef a de plus en plus l’air d’un croque-mort. Malgré son âge, Mario Dumont est le plus vieux politicien en campagne. C’est aussi le roi des nuls comme il l’a très bien démontré depuis 2 ans. J’ai presque pitié pour lui d’avoir manqué cette chance unique de démontrer qu’il a la trempe pour diriger le Québec. De toute évidence, ce n’est pas le cas.

Le PQ va former l’opposition officielle. C’est bien ainsi, ça lui donnera le temps de se trouver un nouveau chef après avoir mis Pauline dehors parce qu’elle n’a pas pris le pouvoir et qu’elle a remis la souveraineté aux calendes grecques. S’ils cherchent Bernard Landry, ils savent où le trouver. Il y en aura même pour dire qui si la campagne avait porté sur la souveraineté, le PQ aurait gagné. Oh! misère et désespoir. Gagner l’opposition officielle ne sera pas suffisant aux yeux des purs et durs obsédés par le pouvoir parce que c’est la seule façon de réaliser l’indépendance. La vérité toute simple, c’est que le parti est fauché, qu’il devra limiter au minimum ses dépenses publicitaires et que la chef n’aura même pas les moyens de faire une tournée complète du Québec. On devra revenir à la stratégie des assemblées de cuisine d’avant 1976. Je ne suis pas certain que les Québécois aient envie d’ouvrir leur porte à tout vent au mois de novembre.

Charest va reprendre le pouvoir avec un gouvernement minoritaire. On va assister à un retour à la case départ comme au fédéral. Les Québécois sont satisfaits de son gouvernement, mais ne lui font pas entièrement confiance. En plus, la remontée du PQ devrait le priver de la majorité. Il ne lui reste qu’à éviter les gaffes jusqu’au 8 décembre. Il n’y a rien à ajouter sinon de continuer votre beau travail.

Finalement, je n’ai qu’une chose à dire sur Québec solidaire. Un parti qui n’est pas capable de prendre la décision de nommer un chef est loin d’être mûr pour jouer un rôle décisif dans l’arène politique. J’entends au loin leurs partisans me dire que l’hydre à deux têtes qui dirige le parti est une bête farouchement démocratique. Je leur réponds que c’est un monstre politique qui n’a ni queue ni tête. Ses propositions économiques en temps de crise sont complètement irréalistes, sinon farfelues. Ça sert au moins de refuge à la gauche qui ne trouve pas sa nourriture existentielle ailleurs.

J’aillais oublier le Parti vert. Un peu de couleur dans le paysage, c’est toujours agréable.

 

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Il faut bien que le monde exulte

05 11 2008

La victoire décisive de Barak Obama est un baume sur les plaies de la planète. Ça ne changera peut-être pas le monde en profondeur, mais c’est le plus grand signe d’espoir depuis le début de ce siècle qui est né en même temps que Bush volait la présidence américaine en 2000. C’est parce que l’espoir est la nourriture spirituelle des humains que l’élection d’Obama est importante.

Quand j’ai vu la ferveur des milliers de personnes réunies autour de la scène à Chicago, j’ai tout de suite pensé à nous en 1976 quand le Parti québécois de René Lévesque a pris le pouvoir pour la première fois. Il y avait hier soir, dans les yeux des Américains, la même flamme qui brillait dans les nôtres il y a 32 ans. Une flamme qui réchauffe et réconforte dans la certitude de vivre un moment historique et d’en faire partie. À ce moment-là, on arrive à croire que tout est possible et que nous avons le pouvoir de changer le monde. Ceux qui l’ont vécu hier soir ou il y a longtemps vont s’en souvenir pour toujours, parce qu’en général cela ne se produit qu’une seule fois dans une vie.

Notre flamme à nous a brûlé pendant quatre ans, jusqu’à la défaite référendaire de 1980. Si la flamme des Américains dure aussi quatre ans, cela voudra dire que Barak Obama a survécu et n’est pas tombé sous les balles d’un fanatique. Tuer l’espoir est le plus grand crime contre l’humanité.

 

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Barak Obama, futur président en sursis

02 11 2008

J’ai souvent voulu écrire sur les élections américaines. Je ne l’ai pas fait, parce qu’à chaque fois que j’y réfléchis, j’éprouve un malaise. Quand je pense à Barak Obama, je vois un homme mort. Je suis profondément convaincu que s’il est élu, sa vie sera en sursis.

Traitez-moi de paranoïaque si vous voulez, mais je crois qu’il y a actuellement plusieurs complots pour l’assassiner. Je crains même qu’il y ait des personnes plus ou moins sûres parmi celles qui doivent le protéger. Les membres des forces armées et policières de même que les agents des services spéciaux comme la CIA sont plus à droite que la population en général. Il y a sans doute parmi eux des racistes qui n’aiment pas l’idée qu’un noir puisse devenir leur président. On a vu dans d’autres pays des politiciens se faire tuer par leur garde rapprochée. Je ne dis pas que cela pourrait se produire aux États-Unis, mais il ne faut pas exclure des relâchements dans sa sécurité qui pourrait créer des opportunités pour des assassins.

Barak Obama a toute mon admiration. Il faut avoir des couilles énormes pour faire ce qu’il fait. S’il est élu, ce sera un grand moment pour son pays et pour le monde. S’il est ensuite assassiné, les conséquences seront désastreuses pour les États-Unis qui vivent déjà une des pires périodes de leur histoire. J’espère me tromper.

 

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L’Halloween des fous furieux

31 10 2008

Toute la journée les médias ont fait des reportages sur les écoles qui ont fêté l’Halloween sans bonbons. Il s’agit bien sûr de montrer l’exemple et de faire la promotion de la saine alimentation. Qui est contre la vertu?

Êtes-vous devenus fous? Il y a à peine un an, toutes les écoles servaient du fast food dans leurs cafétérias et plusieurs continuent à le faire. Dans les reportages télé que j’ai vu, des professeurs ayant de toute évidence plusieurs kilos en trop se félicitaient de priver les enfants du plaisir de manger des bonbons. Aie! L’idée, ce n’est pas de leur montrer les vertus de la privation et du sacrifice, mais de les éduquer à bien manger à longueur d'année, pas la seule journée où ils devraient avoir la permission de se lâcher lousse. Il y avait aussi des parents qui avaient l’air bien content. Je serais curieux de savoir ce qu’ils leur servent à la maison et combien de fois par années ils les amènent chez McDonald's.

Je n’aimerais pas être un enfant aujourd’hui, leurs éducateurs ont l’esprit pourri par l’obsession de la performance et de la perfection. Sont-ils eux-mêmes si parfaits?

 

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Un engagement écrit opportuniste et inutile

30 10 2008

Yolande James, la ministre québécoise de l’immigration, a présenté hier un projet de contrat moral que les immigrants devront signer avant de s’installer ici. Ce contrat liste les six valeurs les plus importantes de la société québécoise comme la séparation de la religion et de l’état, la primauté du droit, l’égalité entre hommes et femmes, etc. En plus, le signataire s’engage à apprendre le français. En principe, je n’ai rien contre cela, sauf que sa seule utilité est de s’assurer que l’immigrant sera informé correctement des caractéristiques de notre société. L’essentiel de ces informations est actuellement contenu dans des documents que l’on trouve dans les ambassades, les consulats et les bureaux du Québec à l’étranger. Le contrat à au moins la vertu de s’assurer que les candidats à l’immigration en prendront connaissance au cas où les fonctionnaires négligeraient de le faire. Pour le reste, ça ne vaut rien.

Les candidats à l’immigration signent des tonnes de documents avant de venir s’installer ici. Un de plus ou de moins, ce n’est pas très significatif. D’ailleurs, sera-t-il écrit en anglais pour que les non-francophones comprennent bien qu’ici on parle français? Hum! Comment réagiront-ils quand ils vont découvrir qu’il y une liste d’attente de six mois à un an pour avoir des cours de français parce que nous les sous-finançons et qu’il y a moyen de se débrouiller très bien en parlant anglais? Ils vont en conclure que le contrat est une farce. Alors, ils vont s’intégrer de la même manière que tous ceux qui n’en ont pas signé avant eux. Ils vont découvrir nos valeurs par l’expérience, quand leurs enfants vont fréquenter nos écoles françaises et qu’ils vont se trouver du travail. Sauf que le taux de chômage des immigrants est deux fois plus élevé que celui de la population générale. C’est mal barré, pas de cours de français, pas de travail, vive l’intégration! Au lieu de faire signer un contrat bidon à des immigrants qui n’ont jamais mis les pieds ici, le gouvernement devrait faire les investissements nécessaires pour s’assurer qu’une fois débarqués de l’avion, ils soient pris en charge et aient accès rapidement à des cours de français et à du travail.

Ce projet de contrat sent l’électoralisme à plein nez. Les madames d’Hérouxvilles vont être ben contentes. Mais ça ne changera en rien l’expérience et l’intégration des immigrants tant que nous ne mettrons pas les efforts à la bonne place.

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Qui est québécois?

29 10 2008

Mes oreilles sont de plus en plus écorchées pas les propos xénophobes, sinon racistes, de certains souverainistes qui croient que seuls les blancs, francophones d’origines, méritent d’être des Québécois. La dernière fois que c’est arrivé, c’est dimanche quand Pierre Falardeau, à Tout le monde en parle, n’a pas voulu admettre que des enfants d’immigrants nés ici étaient des Québécois, malgré l’insistance de Guy A. Lepage qui lui a objecté qu’ils devraient être considérés comme des Québécois à part entière.

Qui est québécois? Il y a une réponse toute simple à cette question. Est québécois tout citoyen canadien qui vit au Québec. Tant que le Québec sera une province canadienne, la citoyenneté québécoise ne pourra pas être exclusive parce que la nationalité québécoise n’existe pas. On reconnait que les Québécois forment une nation, au sens linguistique et culturel, mais le Québec n’est pas une nation au sens politique. La citoyenneté québécoise doit reconnaître cette réalité en étant inclusive dans le sens où tous ceux qui habitent le territoire tout en étant citoyens de la nation canadienne ont le droit de se réclamer québécois et d’être considérés comme tels. Je trouve scandaleux que des indépendantistes frustrés et revanchards fassent la distinction entre les Québécois dits de souche et tous ceux qui ne portent pas un nom francophone et dont les racines ne datent pas de Matusalem. En fait, combien faut-il de générations avant qu’ils considèrent que les Farat, Burger, Vanelli, Popovic et autres Nunez qui sont nés ici sont des Québécois autant qu’eux? Au lendemain de la déclaration d’indépendance, si jamais cela se produit, Joseph Facal, l’ancien ministre péquiste, devra-t-il faire une demande d’immigration parce qu’il est né en Uruguay? Si je me fie aux propos de Falardeau, Facal n’est pas un québécois, même s’il est souverainiste.

Les positions de plusieurs indépendantistes purs et durs sur la citoyenneté sont très dangereuses et mènent à des dérapages sociaux incontrôlés et à l’intolérance. Le plus ridicule, c’est qu’ils comptent dans leurs propres buts. L’indépendance ne pourra jamais se faire sans une forte adhésion des Québécois de toutes origines. Ce n’est pas en traitant certains d’entre eux en citoyens de deuxième classe que cela risque de se produire un jour.

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Le prix des élections

28 10 2008

Les élections coutent cher. Celles qui viennent de se terminer au fédéral ont coûté 300 millions de dollars tandis que celles qui s’annoncent au Québec pourraient en coûter 83. C’est beaucoup, mais si on calcule bien, c’est peu cher payer pour exercer un de nos droits démocratiques les plus fondamentaux.

Les partis d’opposition n’ont pas manqué d’accuser Jean Charest d’être un irresponsable prêt à dépenser une fortune inutilement alors que les citoyens se  débattent pour traverser la crise économique.  Ça c’est la meilleure indication que l’on puisse avoir que le PQ et l’ADQ sont presque certains de perdre leurs élections. Si un des deux avait la moindre chance de prendre le pouvoir, on les entendrait claironner que le peuple peut enfin se débarrasser des Libéraux en élisant des dirigeants plus compétents. C’est complètement démagogique de taper sur le gouvernement à cause du coût des élections, parce que 83 millions, c’est à peine .025 % du budget du Québec. C’est de la petite monnaie. C’est l’équivalent d'un déboursé de 50 $ pour quelqu’un qui a revenu net de 20,000 $ par année.  C’est moins que ce que dépense en cafés un employé normalement constitué et c’est beaucoup moins que le budget cigarettes de ceux qui sont drogués à la nicotine. Les partis politiques utilisent le coût des élections pour déstabiliser le parti au pouvoir, mais dans les faits, ils n’en ont rien à foutre. Le coût n’est tout simplement pas un facteur dans la décision de déclencher ou pas une bataille électorale. Heureusement d’ailleurs, car si c’était le cas, il faudrait se questionner sérieusement sur notre richesse collective.

Ceux qui pensent que les 83 millions pourraient être utilisés à des fins plus utiles comme soulager la pauvreté affligeante de certains de nos concitoyens n’ont pas tort, mais ils oublient que la démocratie n’a pas de prix, surtout quand il est aussi peu élevé. Si vous fumez ou buvez trop de café, diminuez votre consommation et envoyez l’argent ainsi épargné à Centraide. C’est aussi une excellente façon de combattre la pauvreté.

 

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Des élections le 8 décembre, quelle mauvaise idée

27 10 2008

Radio-Canada vient tout juste d’annoncer que Jean Charest déclenchera des élections dans quelques jours. Le scrutin aurait lieu le 8 décembre. Qui veut des élections? J’imagine que les sondages du parti Libéral sont excellents et qu’ils indiquent qu’il formera un gouvernement majoritaire pour justifier la nécessité d’organiser un scrutin trois semaines avant les Fêtes et immédiatement après une campagne fédérale qui a laissé tout le monde désabusé.

Comme personne ne veut d’élections à ce moment-ci, en organiser une est très risqué. Certains électeurs pourraient être tentés de faire payer les libéraux pour leur empressement à confirmer leur place au pouvoir. Par contre, je ne crois pas que le Parti québécois soit prêt à faire face à la musique à la lumière des déclarations de plusieurs poids lourds qui ont répété que la crise économique actuelle n’est pas propice à des élections précipitées. S’il fallait que les libéraux soient réélus, nous assisterions à une autre crise de leadership au sein du parti souverainiste. Ceux qui ont le plus à perdre sont sans aucun doute les adéquistes. Il n’ont pas été capables de démontrer qu’ils avaient l’envergure et l’équipe pour aspirer au pouvoir. En fait, ils ont été tellement mauvais dans le rôle d’opposition officielle que je prévois une véritable débandade le 8 décembre. Si ça se confirme, Mario Dumont pourrait lui aussi faire face à une contestation de son leadership pour la première fois.

Même si ça ne me tente pas de vivre une autre compagne électorale, j’ai la conviction qu’elle sera très intéressante.  J’ai hâte de voir comment Jean Charest va défendre son bilan. Je suis curieux de voir comment Pauline Marois et les grandes gueules qui l’entourent vont performer. J’ai hâte de me bidonner en regardant Mario Dumont patiner sur la bottine pour expliquer ses positions constitutionnelles de façon convaincante et crédible.

Finalement, j’ai quand même une très bonne raison de me réjouir. Je ne manquerai pas de matière pour alimenter Les bulles, mon blogue de caricatures photo. Youppi!

 

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Pour les palmarès des écoles

23 10 2008

Encore une fois cette année, le milieu de l’éducation fait une montée de lait contre le palmarès de L’Actualité. C’est aussi prévisible qu’il va neiger cet hiver. J’ai deux choses à dire sur le sujet.

C’est normal que le milieu de l’éducation le prenne mal. C’est un des seuls milieux de travail qui n’a pas été habitué à être évalué. Dans tous les autres domaines, les travailleurs et leurs patrons doivent faire face à des évaluations de rendements au moins une fois par année. Généralement, ceux qui les évaluent les fréquentent quotidiennement et sont donc en mesure de porter un jugement éclairé. Pas dans le monde de l’éducation où tout le monde travaille en vase clos. Ça commence à la base. Un mauvais prof peut sévir pendant toute sa carrière sans être sérieusement remis en question. Il règne en maître sur ses classes et si jamais les choses se corsent il peut compter sur un des plus puissants syndicats du Québec. Le même raisonnement s’applique aux directions d’écoles. Leurs patrons sont loin de l’action parce que leurs bureaux sont au siège de la commission scolaire. Les commissions scolaires gèrent comme elles le veulent parce que personne ne sait ce qu’elles font vraiment et que tout le monde s’en fout. La preuve en est le famélique taux de participation aux élections scolaires. À l’autre bout du spectre, les fonctionnaires du ministère imposent leur vision de l’éducation peu importe les souhaits des gouvernements, parce que pendant que les très nombreux ministres de l’Éducation de succèdent, eux restent vissés sur leurs chaises. Finalement, pour justifier leur existence, ils inventent des réformes plus au moins heureuses que les profs de la base appliquent plus ou moins selon leur bon vouloir. La boucle est bouclée comme on dit. L’éducation est un milieu où il y peu d’imputabilité parce que ses clients, les élèves et leurs parents, sont soit trop jeunes et sans pouvoir, ou pas assez impliqués pour voir ce qui se passe.  

Je me méfie de tous ceux qui, dans toute la société, s’opposent à ce que l’information circule. C’est compréhensible que les institutions veuillent cacher les données parfois négatives qui les concernent pour protéger leurs intérêts. Je ne comprends pas que des comités de parents s’opposent à ce que des informations sur les écoles que fréquentent leurs enfants circulent. Leurs principaux arguments sont que les palmarès ne reflètent pas toutes les données qui font d’une école un bon milieu de vie et qu’il sont démotivants pour celles qui performent mal.  Je vais revenir à mon analogie sur l’évaluation des travailleurs. Dans ce genre de processus, on évalue la performance. Si un travailleur contribue à la bonne ambiance dans son milieu par sa bonne humeur et sa générosité, on va peut-être lui en faire la remarque, peut-être pas, mais ça ne lui vaudra certainement pas une augmentation de salaire. C’est la même chose pour les écoles. Les palmarès contiennent des données brutes. Il appartient aux parents de vérifier si l’ambiance qui y règne est propice au développement de leur progéniture. En ce qui concerne la motivation, j’espère que ces parents n’appliquent pas le même principe dans l’éducation de leurs enfants. Les pauvres, il ne faut surtout pas leur dire qu’ils ne performent pas bien, ça pourrait leur faire faire une dépression.  Il me semble que la meilleure façon d’améliorer les écoles est d’abord de les évaluer pour ensuite prendre et leur donner les moyens de s’améliorer.  Finalement, un dernier reproche concerne la comparaison des réseaux publics et privés. On pourrait bien séparer les deux, mais ça n’empêcherait personne de les comparer. Les écoles privées doivent leur succès à deux facteurs. La sélection des étudiants et le niveau d’éducation des parents. Ils sont en général plus riches et plus éduqués que la moyenne. C’est normal que leurs enfants suivent l’exemple parental qui les amène à mieux étudier, plus longtemps, pour maintenir une fois adultes le niveau de vie qu’ils connaissent. C’est injuste pour les moins nantis, mais c’est comme ça.

Depuis le début de ce texte, je parle de palmarès au pluriel. Nous sommes chanceux, cette année il y en a deux. Le Journal de Montréal a publié celui de l’institut Fraser il y a quelques semaines. On peut donc comparer.

 

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Il n’y a aucune raison pour être généreux avec les immigrants criminels

22 10 2008

La Commission de l’immigration et du statut de réfugié a suspendu pour une deuxième fois l’expulsion d’un important membre de gang de rue hier. Il s’agit de Valdano Toussaint que serait selon les policiers un des leaders des Bloods. Son avocate a fait valoir qu’en temps que membre de gang de rue, sa vie pourrait être en danger s’il est retourné à Haïti, son pays d’origine. Et la nôtre alors, on s’en fout?

Ce charmant jeune homme, qui n’est pas citoyen canadien, vit ici depuis 10 ans. Il a été arrêté à plusieurs reprises pour trafic de drogue, vol et voies de fait armés et on le soupçonne d’avoir participé à au moins une fusillade à Montréal-Nord. Sa carrière criminelle est assez importante pour qu’on l’ait condamné à 28 mois à purger dans une prison pour adulte alors qu’il avait 17 ans. Que faut-il de plus pour le retourner dans son pays? Les raisons humanitaires ne devraient pas être considérées quand il s’agit de criminels. C’est leur accorder le même traitement qu’aux réfugiés politiques légitimes qui méritent notre générosité. Cela ne respecte pas nos valeurs et envoie un message tordu à tous les immigrants honnêtes et à ceux qui seraient tentés de poser des actes criminels pour accéder facilement et rapidement à un niveau de vie qu’ils ne méritent pas. C’est d’autant plus dommageable qu’on sait qu’actuellement il y a une montée de la criminalité par des gangs d’immigrants d’Asie et des pays de l’Europe de l’est. Nous dépensons des fortunes pour juger et emprisonner des criminels, notamment des membres de gans de rue, qui n’ont pas la citoyenneté canadienne.

Notre pays est un des plus accueillants. Cela dit, y vivre devrait être considéré comme un privilège réservé aux personnes qui respectent les lois. Il me semble que c’est une condition raisonnable qui s’applique déjà à l’ensemble des citoyens. Les immigrants qui ne respectent pas cette condition de base devraient être expulsés sans autre forme de procès. Ce n’est pas normal que nos lois et nos impôts servent à protéger des criminels étrangers qui n'ont pas obtenu la citoyenneté canadienne.

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Qui a besoin de la France?

21 10 2008

À la lumière de ce qui s’est passé cette fin de semaine autour du sommet de la francophonie, le moins que l’on puisse dire, c’est que notre relation avec la France est confuse, sinon carrément empoisonnée. À chaque fois qu’un politicien français fait une déclaration sur le statut politique du Québec, on en parle pendant des jours. Moi aussi!

Depuis le Vive le Québec libre du général de Gaule en 1967, les plus traumatisés par les positions françaises qui ont suivies, sont les souverainistes. C’est compréhensible, car rien ne peut surpasser cet appui total et sans réserve à l’indépendance du Québec. Pendant les quarante dernières années, les Français n’ont fait qu’inventer des formules plus ou moins alambiquées pour exprimer leur soutien au Québec tout en préservant la qualité de leur relation avec le Canada. Avec Sarkosy, le ton a changé. Il n’y a pas d’ambiguïté, la France privilégie sa relation avec le Canada tout en valorisant les liens linguistiques et culturels qui la lient au Québec. Les souverainistes viennent de perdre l’assurance qu’ils croyaient avoir que la France appuierait l’indépendance suite à un référendum gagnant. Il n’est donc pas étonnant que les ténors séparatistes aient si mal réagi en traitant Sarkosy d’ignorant qui ne sait pas de quoi il parle.  Pour interpréter une réaction aussi violente, il faut comprendre que la France est le seul pays du G8, de l’OTAN et du Conseil de sécurité de l’ONU qui pourrait éventuellement appuyer l’indépendance du Québec. C’est vital parce que les souverainistes savent que s’ils gagnent un référendum un jour, il sera extrêmement serré et que le Canada va le contester de toutes ses forces. Sans l’appui de la France, la marche vers une déclaration de la souveraineté serait si difficile qu’elle risquerait d’avorter. Ceux qui croient que le Québec pourrait déclarer l’indépendance de façon unilatérale se trompent,  mais je ne veux pas élaborer davantage sur ce sujet ici tellement c’est une question complexe. Comme je l’ai dit ailleurs sur ce blogue, le support de la France est une grande illusion. Elle ne va jamais appuyer inconditionnellement une déclaration d’indépendance suite à un référendum serré si le Canada s’y oppose. Le Québec ne fait pas le poids. Nous ne sommes rien sur la scène politique internationale par rapport au Canada qui fréquente les poids lourds depuis la Première Guerre mondiale. Je pense que la meilleure façon d’illustrer la vision que la France a du Québec est de regarder notre propre regard sur les francophones hors Québec. Nous reconnaissons notre filiation, mais nous n’allons pas risquer de nous noyer pour les sauver du naufrage. Nous avons l’assurance que même s’ils disparaissent, la culture française va survivre, car c’est ici qu’elle a sa source en Amérique-du-Nord. Les Français pensent exactement le même chose en ce qui les concerne.  Ils ne mettront jamais en péril leur place dans le monde et leurs relations internationales pour soutenir des souverainistes incapables d’obtenir un appui massif du peuple qu’ils prétendent représenter, point final.

Dans sa chronique d’aujourd’hui, le journaliste Marc Cassivi ( à lire sur Cyberpresse ) vilipende le cinéaste Pierre Falardeau pour un écrit raciste sur l’écologiste canadien David Suzuki qu’il traite de «  petit japanouille à barbiche ». Comme Cassivi, qui avoue que des écrits comme ceux-là ébranlent sa foi souverainiste, j’en ai assez du racisme, de la xénophobie, de l’intolérance et du braillage constant des indépendantistes. Encore hier à la radio, j’ai entendu une dame faire la distinction entre les vrais Québécois qui appuient l’indépendance et les autres qui sont quoi, apatrides, gitans, imbéciles heureux, canadians, faux québécois? Ça fait longtemps que ce genre de discours me dégoute. Parizeau et compagnie se comporte comme si la France avait des obligations envers le Québec. Une sorte de dette historique et morale pour nous avoir laissé tomber il y a 350 ans. Revenez-en une fois pour toutes. C’est la même chose avec l’intolérance envers les anglophones. Quand la conquête a eu lieu, les ancêtres de David Suzuki vivaient au Japon, on ne va quand même pas en vouloir à leurs descendants parce qu’ils ont immigré ailleurs qu’au Québec. C’est à cause de tout cela que je ne suis plus souverainiste et je n’ai besoin ni des Québécois intolérants, ni des autres Canadiens, pas plus que des Français qu’ils s’appellent Sarkosy ( un juif ? Honnn! ) ou de Gaule pour savoir qui je suis.

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De l’importance du grand prix de Formule1 de Montréal

18 10 2008

Le grand Prix de Formule1 a été annulé.  Depuis la semaine dernière on en parle abondamment de toutes sortes de façons en confrontant le grand cirque avec nos valeurs. Les écologistes sont contre, les contribuables et les échaudés de la crise économique ne veulent pas que les gouvernements s’impliquent, les gauchistes vilipendent les riches privilégiés qui en profitent, etc. On perd de vue le plus grand avantage d’avoir un grand prix à Montréal, soit la réputation internationale de la ville et du Québec.

Voulons-nous que Montréal redevienne une bourgade anonyme quelque part au nord de l’Amérique-de-Nord comme avant les années 60? Notre métropole s’est gagné une réputation internationale grâce à trois événements, les Jeux olympiques de 1976, les grands prix de Formule1 et l’International de tennis. Ce sont, avec le soccer, les trois événements les plus couverts par les médias du monde entier. En 1967, l’Expo avait déjà amorcé le travail de promotion de Montréal, mais il faut relativiser, car cela n’a pas l’importance des sports de calibre mondial même si pour nous c’est un moment charnière. D’ailleurs, êtes-vous capable de dire où a eu lieu la dernière exposition universelle? Montréal est en fait beaucoup plus connu que le voudrait son importance objective sur la scène du monde. Il y a des dizaines de villes plus populeuses et plus riches en Europe et en Amérique-du-Nord qui n’ont pas cette réputation tout simplement parce qu’elles n’obtiennent pas une couverture médiatique aussi massive. C’est cela qu’apporte un grand prix. C’est beaucoup plus important que les 70 millions de retombées économiques une fois par année, car la reconnaissance mondiale a des effets à long terme qui rapportent beaucoup plus en tourisme, en échanges économiques, en levier politique, etc. Il faut avoir voyagé et fait des affaires sur la scène internationale pour mesurer à quel point la réputation de Montréal nous aide à sortir du lot dans la compétition qui nous confronte aux autres villes de taille moyenne du monde.

Il y a des arguments contre le grand prix que je ne suis pas capable d’entendre. À ceux qui se plaignent que les Formules 1 polluent, je réponds qu’une seule heure de pointe du matin génère plus de gaz à effets de serre qu’un week-end de course. À ceux qui ne veulent pas que les gouvernements injectent de l’argent dans l’événement, je réponds, coudon avez-vous coulé vos cours de math? Sortez vos calculatrices, si un grand prix rapporte 70 millions en retombées économiques, ça vaut la peine d’en investir 10 ou 20, c’est un bon placement non? À ceux qui disent que la course automobile est complètement dépassée et qu’il faut plutôt faire la promotion de valeurs plus humaines, je réponds que l’un n’empêche pas l’autre et que si la marche sportive était aussi populaire que la course automobile, je serais le premier à réclamer la création du grand Prix international de marche sportive de Montréal. Puis entre vous et moi, il faut bien pécher de temps en temps, que le corps vibre et que les oreilles nous pètent au son d’un gros moteur sans silencieux ni harnachement antipollution.

Cela dit, je me fous complètement de la Formule1. Je ne suis pas du tout un amateur de course automobile. Mais je tiens à Montréal et à tout ce que nous avons bâti depuis 40 ans pour en faire une ville qui rayonne dans le monde entier. C’est pour conserver cet acquis inestimable que le grand Prix de Montréal est important.

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Le retour de la musique à la télévision

17 10 2008

La musique fait un retour remarqué à la télévision publique cette année. Après Studio 12 il y a deux semaines, nous avons assisté à la première de M pour musique mercredi. Il était temps. Depuis des années, il n’y a eu que Star académie pour mettre en vedette la musique sur une grande chaîne. Il y a bien sûr Belle et Bum à Télé-Québec, pour un soir seulement et Pour l’amour du country à ARTV, mais ces émissions ne rejoignent pas beaucoup de monde. La chanson d’ici a besoin d’être entendue pour se répandre. Comme les radios commerciales ne font pas leur travail correctement, il faut se réjouir que la télévision la mette en valeur.

Par contre au niveau de la présentation télévisuelle, Radio-Canada pourrait faire mieux. Dans M pour musique, les éclairages sont affreux. Tout a été mis dans le décor qui est spectaculaire. Les panneaux lumineux, les couleurs et les spots multidirectionnel en mettent plein la vue. Mais les artistes sont éclairés comme on le faisait il y a 40 ans quand la télé couleur est arrivée. Une succession de spots blancs et de filtres de couleur sans inspiration. Un éclairage technique en somme. Cette façon de faire est complètement dépassée. Aujourd’hui, la télévision doit travailler l’éclairage comme on le conçoit sur scène parce que c’est cela que nous montrent les chaînes de musique et les DVD de spectacles. Cela prend plus de temps et coûte un peu plus cher, mais M pour musique ne semble pas manquer de moyens et il y a plusieurs plateaux qui pourraient être préparés différemment. Quant à Studio 12, c’est véritablement enregistré dans un studio de radio où l’espace est compté. J’aimerais que les éclairages mettent en valeur le côté intime que l’on retrouve à la radio.

Une dernière remarque en ce qui concerne le public en studio. Mercredi, le public applaudissait en plein milieu des prestations des artistes. Pendant les 30 premières secondes de la chanson de Pink Floyd interprétée par Patsy Galland, il a applaudi deux fois parce que c’était spectaculaire. Cette mauvaise habitude est insupportable et empêche l’émotion de monter. Je crois que c’est Star académie qui a lancé cette mode pour qu’on sente que les spectateurs supportent les candidats et pour donner du rythme au show. Mais cela n’a pas sa place dans un spectacle musical professionnel et dans l’intimité de nos foyers. Surtout en 5.1 quand les applaudissements nous claquent dans les oreilles par les haut-parleurs arrière.

Ajouté le 22 octobre: quelques jours après la publication de mon texte, Radio-Canada a annoncé que les émissions dont il est question font partie d'une stratégie globale pour faire la promotion de la chanson francophone d'ici sur toutes ses plateformes. Bravo!

 

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